
Dans un climat de tension entre Paris et Alger et face au recul de la langue française dans le pays, l’Institut français d’Algérie (IFA) se réinvente.
Au menu : partage culturel et projets communs entre les deux pays ; repas typiquement algérien à l’occasion du début du mois de Ramadan, le raï et la langue française et programme d’incubation entre la France et l’Algérie, interviews, capsules linguistes, hommages aux grands écrivains algériens…L’IFA brise les barrières et lance une offensive culturelle.
A lire aussi : Inscription à la vaccination anti-Covid : prenez rendez-vous en ligne
À l’heure où la langue française recule au profit de l’anglais en Algérie dans le milieu scolaire et l’administration, l’IFA lance une offensive pour faire perdurer la langue française, mais aussi pour entretenir les liens entre les deux pays. À Alger et dans ses quatre antennes situées à Annaba, Constantine, Oran et Tlemcen, l’IFA déploie un programme ambitieux.
A lire aussi : Société civile – classe politique : la tenue d’une conférence nationale se précise
Programme ramadanesque pour l’IFA
L’IFA marque le coup en ce début de mois de Ramadan. Après les mots en arabe et en français de la directrice, Cécile Renault pour souhaiter un bon mois de Ramadan, c’est la cuisine algérienne qui est mise à l’honneur.
Dans une vidéo publiée sur son compte Facebook, on peut lire : « Pour accueillir le Ramadan comme il se doit, l’Institut français d’Algérie, Anouk et Maher ont eu le plaisir de recevoir le chef Aymen Zemmouri pour un repas typiquement algérien. Au menu : chorba, bourek, mthewem, chbah essefra et… expressions françaises ! » Une manière de réconcilier la culture algérienne avec la langue française.
A lire aussi : Algérie : révélations glaçantes sur le drame du bus de Oued El Harrach
Le raï est lui aussi mis en valeur lors des quarts de finale du programme « Eloquentia » à l’IFA d’Alger, ce samedi 28 février, un « concours de prise de parole francophone ».
« Les thèmes feront référence au raï algérien et à ses phrases cultes… », a annoncé l’IFA dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Les quarts de finalistes devront s’inspirer de cet univers musical populaire pour livrer des performances intenses et pleines d’émotions.
Les soirées court-métrage ont, quant à elles, permis de mettre à l’honneur « quatre réalisatrices et leurs univers singuliers, entre héritage, corps, exil et transmission. Des Aurès à la diaspora, ces films portent des récits intimes et puissants qui questionnent l’identité, la liberté et l’appartenance. »
En dehors du programme ramadanesque, l’IFA met également en place le programme Mawahub (talents).
Celui-ci propose des ateliers de montée en compétences. Une première formation a eu lieu début février. « Celle-ci consistait à participer à des ateliers pour passer d’une belle idée à un projet structuré et convaincant », explique la directrice de l’IFA, Cécile Renault, dans une vidéo publiée sur Facebook.
Mawahub Innaya, un programme qui relie les talents algériens et français
Mawahub Innaya est « un programme d’open innovation franco-algérien de trois mois dédié aux startups innovantes du secteur de la santé et de la tech ».
Ce programme permet aux startups ou aux porteurs de projet de « candidater pour un accompagnement à Alger et une immersion en France ».
Parmi les actions prévues :
· Un mois de coaching et d’accompagnement intensif à Alger ;
· Un Demo Day avec des pitchs devant un jury d’experts algériens et français
· Une opportunité unique de learning expedition en France pour les finalistes.
Cette première édition a pour but de répondre à « un enjeu de structuration et de fédération de l’écosystème startup santé, en s’appuyant sur les atouts du système de santé algérien et les opportunités de collaboration entre les deux rives de la Méditerranée ».
Mawahub Innaya a pour vocation de « favoriser le transfert de compétences, de faciliter les collaborations entre acteurs de la santé et d’accompagner des startups capables de s’inscrire durablement dans l’écosystème santé algérien, tout en développant leur rayonnement à l’international ». La période de candidature est ouverte jusqu’au 7 mars.
Ces initiatives démontrent une volonté de mettre en corrélation les deux pays aussi bien de manière culturelle qu’économique. C’est aussi une manière de pérenniser la langue française en Algérie.