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Flambée des cas de coronavirus : le reconfinement gagne du terrain

Flambée des cas de coronavirus : le reconfinement gagne du terrain

La flambée des cas de coronavirus a connu un coup d’arrêt mercredi le 8 juillet en Algérie, mais elle n’en demeure pas moins inquiétante, après près de dix jours de records quotidiens consécutifs.

Le dernier en date a été enregistré mardi le 7 juillet avec 473 contaminations dépistées en 24 heures. Lorsque, dans la dernière décade de mars, le gouvernement avait opté pour des mesures drastiques dont le confinement à domicile, la fermeture des frontières, la réduction de l’activité et la distanciation sociale, le niveau des contaminations quotidiennes se situait à quelques dizaines de cas.

Que faudra-t-il faire maintenant que les bilans quotidiens frôlent les 500 cas ? Retourner au confinement général à travers tout le territoire, réduire le nombre de commerces autorisés à ouvrir, maintenir les frontières fermées et durcir les sanctions à l’encontre des contrevenants aux mesures de prévention ?

Un casse-tête en somme pour les autorités, réunies d’ailleurs ce jeudi 9 juillet au plus haut niveau pour tenter d’arrêter les mesures à prendre en urgence face à la recrudescence de la pandémie.

Il s’agira bien entendu de faire une évaluation d’abord de la levée progressive du confinement entamée il y a un mois, le 7 juin. Avant même cette réunion au sommet au tour du président de la République Abdelmadjid Tebboune, la corrélation entre l’allègement du dispositif de prévention et la flambée des contaminations est établie par les spécialistes, pointant du doigt des comportements irresponsables.

À Sétif, l’une des wilayas les plus affectées par cette flambée, beaucoup estiment que les fêtes familiales sont en grande partie responsables de la recrudescence de l’épidémie.

À Oran, 80 nouveaux cas ont été enregistrés en seulement 24 heures le 3 juillet, un record absolu. D’autres foyers ont émergé à travers le pays, à l’image de Biskra ou encore d’El Oued et la situation ne s’améliore pas à Alger et Blida.

Certes, la courbe des décès est relativement stable, mais elle risque de ne pas le rester longtemps si la chaîne de transmission n’est pas rompue. De plus, le nombre de mort n’est déjà pas négligeable. Quatre mois après le premier décès enregistré à Blida, le 12 mars, le bilan macabre s’approche inexorablement de la barre psychologique des 1000 morts (978 au 8 juillet au soir).

Des questions à trancher dans l’urgence

Des citoyens font état quotidiennement d’une situation difficile dans les hôpitaux, ce que confirment maintenant même les spécialistes de la santé qui mettent en garde contre une saturation des structures de santé si des mesures urgentes ne sont pas prises.

Risque de saturation des hôpitaux

« Jusqu’ici, nous arrivons à prendre en charge ces cas. Toutefois, si on continue sur cette cadence, on aura davantage de pression en termes d’hospitalisations. Nous risquons alors d’arriver à un stade où nous ne pourrons pas prendre en charge tous les malades au niveau de l’hôpital », prévient par exemple le professeur Bouamra, chef du service épidémiologique du CHU de Blida.

Le retour au confinement total est écarté, selon les déclarations du ministre de la Santé. Le pays ne peut pas se permettre une plus longue période d’arrêt de son économie.

Mais le 29 juin, le Premier ministre a laissé la latitude aux walis de reconfiner des quartiers ou communes gravement touchés et de prendre toute décision qu’ils jugeraient salvatrice.

« Frappe-le il se corrigera »

C’est là que les walis sont entrés en scène. Celui de Sétif a imposé mardi le 7 juillet un couvre-feu drastique, de 13h à 05h sur le territoire de 18 communes, dont celle du chef-lieu, usant d’un ton ferme et menaçant à l’égard des contrevenants.

« À partir de 13h, je ne veux voir personne dehors. Je veux un confinement strict. Frappe-le il se corrigera », a-t-il proféré dans un discours qui a fait le tour des réseaux sociaux.

À El Tarf, à l’extrême Est, deux communes, celles d’El Kala et d’El Chatt, ont fait l’objet de la même mesure ce jeudi 9 juillet. Nul doute que le procédé sera copié si les localités concernées n’arrivent pas à endiguer la progression de la pandémie, mais il faudra au moins une semaine à une dizaine de jours pour une première évaluation.

En attendant, les autorités sont appelées à réfléchir à d’autres options et à trancher dans l’urgence concernant des questions en suspens, comme la réouverture ou non des frontières et le sort des milliers d’Algériens bloqués à l’étranger et qui commencent à se faire entendre bruyamment.

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