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Florence Beaugé : « En France, on n’est pas fier du passé en Algérie »

De passage au SILA 2026, l'ex-journaliste du Monde Florence Beaugé revient sur ses enquêtes sur la torture pendant la guerre d’Algérie, l'amnésie française et l'engouement du public algérien.

Kenza Adil
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Ancienne journaliste au journal Le Monde, Florence Beaugé a pris part au Salon international du livre d’Alger (SILA 2026, 29 octobre – 7 octobre) pour y dédicacer son livre « Algérie une guerre sans gloire » publié aux éditions Barzakh. Lors d’une rencontre, l’écrivaine et journaliste française a accordé une interview à TSA.

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Vous êtes au Sila 2026 pour présenter votre ouvrage « Algérie, une guerre sans gloire ». Pouvez-vous nous parler de ce livre ?

Florence Beaugé : C’est un livre que j’ai porté longtemps en moi, et dont la première édition date de 2005 mais ce qu’il y a de terrible, c’est qu’il n’a pas pris une ride.

Cela veut dire que les rapports entre la France et l’Algérie sont toujours aussi durs, aussi difficiles et dans l’incompréhension mutuelle depuis plus de 20 ans.

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Les éditions Barzakh l’ont réédité cette année mais en version augmentée. Il y a de nouvelles révélations, ainsi que les coulisses de l’enquête. C’est un livre qui porte sur la torture pendant la guerre d’indépendance algérienne mais aussi sur ce qu’est le métier de journaliste.

Par exemple, j’ai eu un procès avec Jean Marie Le Pen, j’ai dénoncé le général Schmitt qui était le tortionnaire en chef de l’école Sarrouy, appelée aujourd’hui Ourida Meddad.

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Toutes ces atrocités, qu’on connaissait déjà, étaient tombées en désuétude et il y a eu un retour de mémoire en 2000 grâce à Louisette Ighilahriz. J’avais publié un article sur elle et il a fait la Une du Monde en juin 2000.

À partir de là, j’ai fait parler Massu et c’est lui qui a identifié le sauveur d’Ighilahriz alors qu’elle était retenue au siège de la 10ème division parachutiste.

Ensuite j’ai eu les dénégations de Bigeard, puis les aveux d’Aussaresses. J’ai continué sur la lancée pour raconter ce qu’il s’est passé en France, pendant la guerre d’indépendance et qu’on voulait ignorer. Ceux qui ont lu « La Gangrène » de Bachir Boumaza ou « La Question » d’Henri Alleg pouvaient très bien être au courant mais en France on n’est pas très fier de ce passé. On a du mal à le regarder en face.   

Vous avez été journaliste au Monde, où vous étiez notamment chargée de couvrir l’Algérie. Qu’est-ce qui a éveillé votre intérêt pour la guerre d’Algérie ?

Florence Beaugé : Oui c’était durant les années Bouteflika. J’étais supposée couvrir uniquement l’actualité du jour, mais j’ai travaillé en parallèle, tout le temps, sur la guerre d’indépendance algérienne, parce que celle-ci était tellement mêlée à la vie de vos parents, grands-parents et vos familles, qu’elle revenait tout le temps dans les conversations.

Je me suis rendue compte que je ne connaissais presque rien de la guerre d’indépendance algérienne et qu’il était grand temps que moi-même je m’informe.

C’est votre première participation au Salon international du livre d’Alger. Quelles sont vos impressions ?

Florence Beaugé : C’est ma première participation mais cela fait longtemps que j’entends parler du SILA. Je suis à la fois honorée et gratifiée de venir ici.

Je suis émerveillée de voir tous ces gens, l’activité, la joie et l’intérêt parce qu’au moment où on dit qu’il n’y a plus de lecteurs – en France aussi on s’en alarme beaucoup-, je me dis que c’est touchant et impressionnant. Je vois beaucoup de jeunes, à l’heure de l’intelligence artificielle où on se dit que la lecture ne présente plus d’attrait, eh bien ce salon démontre l’inverse.

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