
Le gouvernement est déterminé à éradiquer la spéculation et les pratiques frauduleuses qui font flamber les prix des produits de large consommation. Sa stratégie, telle que l’a explicitée jeudi 5 novembre le Premier ministre Sifi Ghrieb, repose sur deux leviers : la transparence et la fermeté.
Sifi Ghrieb présidait une réunion interministérielle élargie par visioconférence aux walis et consacrée au lancement officiel d’une plateforme nationale de suivi quotidien des prix.
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L’Algérie se dote d’une plateforme pour un suivi en temps réel des prix
La réunion survient alors que, par le fait de ces mêmes pratiques, la pomme de terre n’est pas seulement chère, mais elle est introuvable sur le marché depuis plusieurs jours.
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Il semble que les commerçants ne veulent pas vendre ce produit au prix plafonné par l’État début octobre, soit 90 dinars le kilogramme pour la vente au détail.
Dans son intervention, le Premier ministre a évoqué une « résistance au changement » qui ne peut être le fait des « véritables agriculteurs ».
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Tout cela arrive alors que l’agriculture algérienne est largement soutenue par les fonds publics. Qu’en serait-il si l’eau, l’électricité, les dépenses, les engrais et les autres intrants n’étaient pas subventionnés ? Sifi Ghrieb a signifié que la contrepartie de cette aide de l’État doit être au moins de ne pas toucher au panier du citoyen.
« Nous utiliserons les méthodes les plus extrêmes que l’on peut imaginer »
« Nous ne tolérerons plus la spéculation et nous utiliserons tous les moyens pour la combattre. Nous utiliserons les méthodes les plus extrêmes que l’on peut imaginer », a-t-il mis en garde. « Notre premier objectif est de sauvegarder le pouvoir d’achat des citoyens. Nous ne tolérons aucune manipulation qui touche le couffin du citoyen algérien », a-t-il mis en garde.
Reconnaissant qu’il est légitime pour les agriculteurs et les commerçants de faire des bénéfices et de développer leurs activités, le Premier ministre a souligné que cela doit se faire dans la transparence et le respect des règles.
« Celui qui travaille avec honnêteté nous trouvera à ses côtés, celui qui tente de spéculer sur l’alimentation des Algériens, nous lui ferons face, à tous les niveaux », a-t-il dit.
Il est temps, a-t-il ajouté, d’instaurer la transparence dans les zones de stockage.
« Nous ne sommes pas là pour entraver les gens, mais il faut de la transparence et les chiffres doivent être connus de tous.
Ceux qui échappent au contrôle doivent être certains que le contrôle sera minutieux pour les chambres froides et les aires de stockage. J’espère qu’aucun cas non déclaré ne sera détecté », a asséné le chef de l’Exécutif.
Lutte contre la spéculation et « résistances au changement »
Pour agir, le gouvernement compte sur la nouvelle plateforme mise en place. Elle permettra au gouvernement, aux walis, aux services de sécurité et à tous les services concernés de disposer en temps réel de toutes les informations liées aux produits de large consommation : prix, quantités produites, quantités vendues et leur destination, état des stocks dans les chambres froides…
« Ce n’est pas de la facturation, mais nous devons savoir combien tu as vendu, à quel prix et à qui tu as vendu », a expliqué Sifi Ghrieb, ajoutant que « chaque chiffre et chaque remarque qui figureront sur cette plateforme seront sous la responsabilité des walis ».
Le Premier ministre a dit d’attendre des « résistances au changement » qui viendront des spéculateurs, mais pas des véritables agriculteurs et de tous ceux qui veulent travailler dans la transparence.