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Football algérien : le groupe Ifri au cœur d’une vive controverse

Le groupe Ifri s’est retrouvé au cœur d’une vive polémique à Bejaia à cause d’une banale histoire liée au financement des clubs de foot.

Football algérien : le groupe Ifri au cœur d’une vive controverse
Récupérée par les internautes, cette polémique est vite devenue un appel au boycott des produits Ifri / Source : DR pour TSA
Amine Ait
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Ifri, le géant algérien de l’eau minérale et des jus de fruits, est au cœur d’une polémique mêlant sport, politique et engagement social.

Tout a commencé sur un débat lancé par Kada Mouales, élu à l’APW de Bejaïa après la signature d’un contrat de sponsoring entre le Mouloudia d’Alger (MCA) et Ifri.

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Dans une vidéo postée sur sa page Béjaia Sois l’observateur, cet élu a reproché à la Sarl Ibrahim et Fils, dont les installations de production sont basées à Ighzer Amokrane, en plein cœur de la vallée de la wilaya de Bejaïa, de ne pas sponsoriser les clubs locaux, notamment le Mouloudia de Béjaïa (MOB) et la Jeunesse sportive de Béjaïa (JSMB).

« Il aurait d’abord dû faire un geste pour Bejaïa »

« L’usine Ifri, située à Akbou, à Bejaïa, et qui fonctionne grâce à des ouvriers de la wilaya de Bejaïa, puisant son eau de la nappe de la wilaya de Bejaïa… a tout de même signé un contrat pour sponsoriser le MCA d’Alger », a-t-il taclé dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux.

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Cet élu, devenu lanceur d’alerte à Bejaïa, assure qu’il n’est pas du tout contre cette démarche, mais estime que « c’est une honte (pour Ifri) de sponsoriser une équipe qui est loin de lui de 200 km et d’abandonner une équipe qui est juste à côté de lui ».

« Vous avez lâché la JSMB et le MOB ! Deux équipes qui ont tant donné au football algérien », a-t-il lancé, en estimant qu’Ifri aurait dû commencer par « faire un geste » à ces deux équipes locales avant de passer au club algérois.

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Mouales porte cette affaire au-delà du cadre sportif, la replaçant dans un contexte lié à l’engagement sociétal des entreprises.

« On a espéré que vous alliez nous aider, que main dans la main, nous allions sauver la wilaya de Béjaïa, mais voilà que vous dépensez votre argent ailleurs ! », s’indigne le député qui rappelle que les deux grands clubs de foot locaux de sa wilaya vivent une situation financière difficile.

Un contrat de sponsoring débouche sur des appels au boycott

La vidéo du député, qui a fait près de 700.000 vues sur Facebook, a déclenché une grosse polémique sur les réseaux sociaux. Des internautes ont violemment chargé Ifri, consolidant la position de Mouales, d’autres ont au contraire trouvé que l’élu s’ingère dans la politique marketing d’une entreprise, et qu’il est loin de ses prérogatives d’élu local.

« Ifri a sponsorisé le MCA alors qu’il s’agit du club le plus riche du pays au lieu de sponsoriser les clubs de la région, et ce, alors que ce sont les habitants de cette même région qui produisent et qui achètent leurs produits », écrit un internaute.

Récupérée par les internautes, cette polémique est vite devenue un appel au boycott des produits Ifri. Face à cette polémique, le groupe familial qui règne sur 15 % du marché algérien des boissons n’a pas réagi. Discrètement, il a enlevé son célèbre logo sur quelques camions transportant ses produits, pour éviter d’éventuels débordements.

En constatant les appels au boycott, repris notamment par des supporters du MOB et du JSMB, Kada Moales a fait une nouvelle vidéo où il explique qu’il n’avait jamais appelé au boycott des produits Ifri. « Je peux critiquer Ifri, mais je n’essaierai pas de lui causer du tort », a-t-il souligné.

Polémique Ifri-MCA : résultat de calculs politiques ?

Qu’il soit intentionnel ou pas, le mal semble fait désormais. Mais Kada Mouales avait-il ou pas raison de critiquer la démarche d’Ifri consistant à sponsoriser le MCA ?

Pas selon cet internaute qui estime que l’élu « confond entre sponsoring et mécénat » ou un autre qui assure que le rôle d’un élu « n’est pas de critiquer la stratégie marketing d’une marque ».

De nombreux posts sur les réseaux sociaux ont d’ailleurs ardemment défendu l’entreprise, accusant au passage l’élu local « d’avoir monté un Bad buzz de toutes pièces pour servir son agenda politique et gagner en visibilité ».

Certains ont même défendu le choix d’Ifri, expliquant que le MCA a besoin de sponsors forts, car le club représente l’Algérie sur l’échelle africaine, contrairement aux clubs béjaouis qui n’évoluent même pas en première division.

Si Kada Mouales est allé trop loin en devenant le commercial du MOB, Ifri a sans doute commis une erreur stratégique de marketing et de communication.

Une entreprise de cette taille peut bien donner quelques millions de dinars pour soutenir les clubs de la wilaya de Bejaïa, et d’autres équipes du pays. Pour construire de grands clubs de football capables de représenter dignement l’Algérie à l’étranger, il faut une économie forte et des entreprises qui comprennent les enjeux.

Lien permanent : https://tsadz.co/0kl4d

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