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Forcing américain au Sahara occidental : Rahabi décrypte les enjeux pour l’Algérie

Le diplomate algérien livre une analyse de l’évolution du conflit au Sahara occidental avec le forcing des Etats-Unis, et les implications sur l’Algérie.

Forcing américain au Sahara occidental : Rahabi décrypte les enjeux pour l’Algérie
Forcing des États-Unis au Sahara occidental : Rahabi alerte sur les risques pour l'Algérie / DR
Rafik Tadjer
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Dans le dossier du Sahara occidental, le diplomate algérien Abdelaziz Rahabi déplore un plan de transfert « à pas forcés » de la souveraineté du peuple sahraoui vers celle de l’occupant marocain, avec les États-Unis dans le rôle de « juge et partie ».

L’ancien ministre alerte aussi sur les dangers du forcing diplomatique américain sur l’Algérie ainsi que ses objectifs.

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Dans une analyse mise en ligne sur les réseaux sociaux ce dimanche 3 mai, Rahabi réfute l’unique argument avancé par les occidentaux, à savoir que le conflit a “trop duré”, estimant qu’il “importe de donner le temps au temps”.

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« Transfert de la souveraineté » du peuple sahraoui vers celle de l’occupant

L’ancien ministre algérien relève un engagement diplomatique américain dont l’objectif déclaré est de “transférer la souveraineté du peuple sahraoui vers celle de son occupant marocain selon un agenda marqué par l’urgence”.

Il note aussi l’effacement de l’ONU paralysée par le Conseil de sécurité. Autre fait qui n’échappe pas à l’observateur, l’emballement diplomatique occidental “massif et synchronisé” pour la promotion du plan marocain d’autonomie, un effet d’entraînement provoqué par la décision des États-Unis de 2020.

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Il en résulte que le conflit du Sahara occidental change de nature pour passer de “conflit local à basse intensité” à “un enjeu dans les luttes d’influence sur la façade atlantique de l’Afrique, l’Afrique du Nord et le Sahel”.

À tout cela s’ajoute la “fiction sur les succès de la diplomatie marocaine” qui, en réalité, est portée essentiellement par l’engagement et la puissance diplomatique des USA, de la France et de son pré carré africain ainsi que par les moyens financiers des Émirats.

Ceux qui avancent la ‘’trop longue durée” du conflit ne mesurent pas, paradoxalement, cette même durée dans “les souffrances et les précarités de près de 200.000 réfugiés sahraouis”. Il s’agit, selon Abdelaziz Rahabi, d’un “ersatz de l’anthropologie coloniale appliqué sans retenue à la géopolitique actuelle”.

Pour lui, il importe de “donner le temps au temps”, de tenir compte des demandes souveraines du peuple sahraoui et de traiter ses représentants comme des interlocuteurs à part entière, mais qui “ne peuvent engager le destin de leur peuple sans le consulter dans la forme qu’il aura librement choisie”.

L’Algérie, seul pays de la région qui ne peut compter que sur ses seuls moyens

L’accélération apparente à laquelle on assiste n’est pas l’aboutissement naturel d’un processus historique mais, regrette Rahabi, elle prend la forme d’une “architecture faite d’arrières pensées et d’équilibres précaires qui met en place tous les ingrédients d’une instabilité programmée dans les camps des réfugiés sahraouis auxquels on fait croire à l’imminence d’une solution”.

Tout comme elle éveille des interrogations dans l’opinion publique algérienne, “consciente de la nécessité d’un règlement” mais qui “s’inquiète devant cette coalition de forces hostiles à nos positions diplomatiques”.

L’Algérie, rappelle l’analyste, ne peut envisager à ses frontières une nouvelle situation notamment en termes de garanties de sécurité régionale qui ne peuvent naturellement provenir “ni d’un voisin historiquement belliqueux et expansionniste ni des États-Unis”.

L’objectif de ces derniers, poursuit-il, est de consolider Israël en l’installant en Afrique du Nord et de renforcer leur allié régional, le Maroc, qui reste leur “plus grande caution dans la région”.

Ce qui, objectivement, enlève aux États-Unis la qualité de “médiateur impartial”. “C’est là que, met en garde Abdelaziz Rahabi, réside la plus grande menace, celle de voir la question sahraouie s’inscrire exclusivement dans une grille de lecture sécuritaire”.

L’ancien ambassadeur d’Algérie en Espagne conclut en soulignant que la situation en Libye, au Mali et au Sahara occidental constituent “les trois points d’un croissant avec un continuum géographique évident” qui met sous tension globale continue et multiforme l’Algérie, “seul pays de la région qui ne peut compter que sur ses seuls moyens”.

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