
L’écrivain Kamel Daoud a été acquitté ce mardi 8 septembre par le tribunal correctionnel de Paris des accusations de diffamation contre Saada Arbane. La femme reprochait à l’auteur des propos la concernant tenus en avril 2025 dans le journal français Le Figaro.
Daoud est lauréat du prix Goncourt 2024 pour son roman “Houris”. Saada Arbane, une rescapée de la décennie de terrorisme en Algérie, s’est reconnue à travers le personnage central du roman, Aube, et accusé l’écrivain d’avoir reproduit son histoire personnelle sans son consentement.
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Le procès qui vient de connaître son épilogue n’a pas porté sur cette affaire d’atteinte à la vie privée, qui a fait l’objet d’une procédure en Algérie et en France. Mme Arbane a saisi le tribunal correctionnel de Paris après s’être estimée diffamée par l’écrivain par des propos qu’il a tenus dans une interview au Figaro.
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France : Kamel Daoud relaxé, Saada Arbane symboliquement condamnée
Selon l’AFP, Daoud a été relaxé par le tribunal qui a estimé dans son jugement rendu ce mardi que “la partie civile n’est pas identifiable dans le propos qu’elle poursuit et ne rapporte pas la preuve qu’elle a été identifiée par des tiers, la diffamation n’est pas constituée ».
Estimant que « les poursuites étaient manifestement infondées », les juges ont condamné Saâda Arbane à verser 1 euro symbolique de dommages et intérêts à Kamel Daoud et 1 500 euros au directeur du Figaro en réparation du « préjudice moral ».
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La défense de la plaignante avait estimé qu’il y avait bien diffamation, dénonçant « une attaque préméditée, organisée, relayée pour jeter du poison sur Mme Arbane après avoir été le prédateur de son intimité et sa vie privée”.
“Vol de la vie privée”
Deux plaintes ont été déposées devant le tribunal d’Oran contre Kamel Daoud en novembre 2024 par la défense de Mme Arbane, dont une au nom des victimes du terrorisme. En avril dernier, l’écrivain a été condamné par contumace à 3 ans de prison ferme assortis de 5 millions de dinars d’amende. Une troisième plainte a été déposée à Paris.
Saada Arbane avait échappé à un massacre terroriste dans les années 1990 dans l’ouest algérien, alors qu’elle avait cinq ans. Égorgée et laissée pour morte, elle a survécu mais elle a gardé de lourdes séquelles, devant notamment porter une canule pour respirer.
Tous ces détails sont repris par Kamel Daoud dans son roman à travers l’héroïne de la “fiction”, Aube. Mme Arbane a assuré qu’elle s’est confiée à la psychiatre qui l’a suivait et qui n’est autre que la femme de l’écrivain, qu’elle a accusée d’avoir volé sa vie privée.