
Plusieurs partis politiques ont réagi, ce lundi 2 octobre, à l’annonce faite à Oran par le premier ministre, Ahmed Ouyahia, sur la relance de l’exploitation du gaz de schiste et la révision de la loi sur les hydrocarbures.
« L’exploitation du gaz de schiste est la solution la plus facile trouvée par le pouvoir pour se maintenir en place à travers la révision de la loi sur les hydrocarbures pour attirer des investisseurs dans le domaine de l’énergie », a dénoncé Abderrezak Makri, ex-président du MSP, sur sa page Facebook.
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Considérant que « l’Algérie ne dispose pas de technologies nécessaires pour l’exploration et l’exploitation du gaz non-conventionnel », Abderezzak Makri estime qu’il s’agit là d’une « décision qui a autorisé la présence des multinationales sur le sol en algérien », qui sont selon lui « des sociétés qui sèment le désordre dans tous les pays ù elles se trouvent ».
« Après la destruction de l’environnement, c’est la souveraineté nationale du pays qui serait mise en danger », avertit Makri.
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Le chargé de communication du Parti des travailleurs (PT), Ramdane Youssef Tazibt, a pour sa part fait savoir que son parti était « favorable à l’exploration du gaz de schiste, mais à condition ». Rappelant qu’en 2013 « on a voté pour une loi autorisant exclusivement Sonatrach à faire de l’exploration et des études de faisabilité d’éventuelles exploitations du gaz et pétrole non conventionnels », Tazit indique que son parti considère qu’il est « légitime de maîtriser le processus de récupération de cet immense potentiel », estimant toutefois que l’État devra « expliquer aux citoyens que ces essais ne constituent pas de dangers sur l’environnement ».
Pour étayer ses dires, le chargé de communication du PT a évoqué les expériences des autres pays dans le domaine. « Plus de 30 pays dont les USA avec un forage de 500 000 puits de gaz et pétrole de Schiste exploitent le Schiste, et l’Algérie se contente de deux puits expérimentaux », a-t-il déploré.
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En revanche, le Parti des Travailleurs partage son inquiétude devant l’annonce de la révision de la loi sur les hydrocarbures. « Nous craignons le retour à la loi de Chakib Khelil. Cette loi qui vise à remettre en cause la nationalisation des hydrocarbures, principal acquis de l’indépendance du pays », a affirmé le chargé de communication du parti.
Selon lui, cette révision « risque de remettre en cause la prééminence de Sonatrach dans l’exploitation, l’acheminement et la vente des hydrocarbures, et menace même son existence si elle n’est pas protégée par la loi (règle de 51/49…) ». Afin d’éviter cela, le parti appelle « à la mobilisation citoyenne pour empêcher le gouvernement de toucher à cet acquis ».
Le FFS affirme ne pas être contre l’exploitation du gaz de schiste. « C’est une question d’intérêt stratégique qui fait partie de la politique énergétique que devrait avoir le pays », explique Hassen Ferli chargé du pôle communication au sein du parti. Le FFS estime dans ce contexte que sa mise en application « devrait faire l’objet d’un consensus national et de dire également la vérité au peuple sur les risques que pourrait engendrer une telle opération sur l’environnement ».
« Le citoyen doit savoir si l’Algérie a les moyens technologiques nécessaires pour son exploration et exploitation », ajoute M. Ferli. Pour ce faire, le FFS propose « l’organisation d’un débat national auquel ils seront présents des experts et les acteurs de la société civile et de la protection de l’environnement afin de trouver un consensus national sur cette question ».
Quant à la révision de loi sur les hydrocarbures, et rappelant que « ce n’est pas la première fois que le gouvernement tente de changer cette loi », le FFS a réitéré sa position sur la question. « On s’opposera à la révision de cette loi. On exige une gestion transparente et rationnelle du secteur des énergies et d’aller vers la diversification réelle de l’économie nationale », a affirmé Hassen Ferli.