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Grève des résidents : les médecins font le point sur un conflit qui s’enlise

Les membres du bureau national du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) ont organisé, ce mercredi 9 mai, une conférence de presse au siège du Syndicat national des praticiens…

Grève des résidents : les médecins font le point sur un conflit qui s’enlise
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Les membres du bureau national du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) ont organisé, ce mercredi 9 mai, une conférence de presse au siège du Syndicat national des praticiens de la Santé publique (Snpsp), pendant laquelle ils ont fait un état des lieux de leur mouvement de grève qui dure depuis près de six mois.

L’impasse

Les délégués nationaux ont d’emblée démenti les informations faisant état d’un « essoufflement du mouvement » en donnant les taux de suivi de la grève et d’arrêt des gardes dans différentes wilayas. « À Alger, le taux de suivi de la grève est de plus de 90% et le taux d’arrêt des gardes est de plus de 94%. À Tizi-Ouzou, le taux dépasse les 99% et c’est le plus haut au niveau national. À Sétif, 85% des résidents sont en grève et à Constantine, ce taux est de 98% », a déclaré le Dr Taileb, résident du CHU Mustapha Pacha et membre du bureau national du Camra.

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L’arrêt des gardes, massivement respecté par les résidents, selon le Camra est une action à laquelle les résidents en sciences médicales ont été « poussés » par les échecs des négociations qu’ils affirment vouloir poursuivre, malgré les difficultés qu’ils rencontrent avec le ministère de la Santé et celui de l’Enseignement supérieur.

Le blocage des négociations qui sont au point mort depuis des semaines n’est pas du ressort du Camra, selon ses représentants qui ont démenti l’affirmation du ministère de la Santé selon laquelle le Collectif aurait décliné une invitation à négocier le vendredi 28 avril. « Nous n’avons pas décliné cette invitation, nous avons demandé qu’elle soit officielle », a expliqué le Dr Hadjab qui a insisté sur la volonté des résidents de négocier une solution au conflit.

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Les délégués du Camra ont expliqué cet arrêt des négociations par l’existence d’une « volonté pour que cette grève dure encore », comme l’a affirmé le Dr Hadjab pour qui « les portes du dialogue ont été fermées par la tutelle ». Un arrêt des négociations menant à une véritable impasse qui a poussé le Dr Bensbaâ, délégué Camra de Tizi-Ouzou, à se demander « à qui profite ce blocage ».

Les membres du bureau national du Camra ont également insisté sur la constance de leurs revendications qui « sont connues par tous et sont les mêmes depuis le début la grève », selon le Dr Afiri, déléguée Camra d’Alger. Des revendications sur lesquelles les résidents ne peuvent faire de concession tant que le caractère obligatoire du service civil n’est pas abrogé, a expliqué la résidente d’Alger.

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Rien de nouveau concernant le service civil

Les revendications concernant le service civil n’ont connu que peu d’avancées selon le Dr Hadjab qui a regretté que son caractère obligatoire « soit de nouveau consacré par la nouvelle loi de Santé ».

Les propositions du ministère de la Santé concernant la garantie de plateaux techniques dans les hôpitaux où les futurs médecins spécialistes seront affectés dans le cadre du service civil, les logements de fonction ou le regroupement familial ne sont que des promesses pour l’application de droits déjà acquis mais dont l’application n’est pas certaine, selon le Camra.

« Trente ans de service civil et la grève des résidents de 2011 ne les ont pas poussés à appliquer ces promesses », a regretté le Dr Hadjab qui a affirmé que rien ne garantit que ces promesses renouvelées par la tutelle soient cette fois-ci tenues.

Un constat partagé par le Dr Hadiby, délégué Camra de Constantine qui a affirmé qu’« il n’y a pas eu d’avancée même sur la plus petite des revendications des résidents, à savoir le logement de fonction ». « Personnellement, si la question du logement est réglée, je suis prêt à arrêter la grève », a déclaré le résident constantinois, en signe d’ouverture au dialogue.

« Pas de conflit avec les spécialistes »

En réaction à l’arrêt des gardes de nuit et de week-end par les résidents, les hôpitaux ont eu recours à la réquisition de médecins généralistes et de spécialistes dans un premier temps et au recrutement de nouveaux médecins généralistes par la suite.

Réagissant à l’annonce du recrutement de 600 généralistes dans les services d’urgences des hôpitaux, le Dr Afiri a déploré que les autorités optent pour une solution d’appoint alors que justement, les résidents « font grève contre le bricolage ».

Les membres du Camra ont insisté sur l’absence de conflit entre les résidents et les professeurs chefs de service, maîtres assistants, assistants et généralistes travaillant dans les hôpitaux.

En l’absence d’avancées réelles dans les négociations, la grève des résidents risque de se poursuivre encore pour une durée indéterminée avec, à l’horizon, une éventuelle démission collective de tous les résidents en sciences médicales grévistes.

L’arrêt total des activités hospitalières et pédagogiques par les résidents a créé une situation « qui ressemble à une démission collective », selon le Dr Hadiby qui a expliqué qu’il ne restait plus qu’à formaliser cette démission par la base.

Les délégués Camra ont conclu leur conférence de presse en réfutant l’existence « de tout problème les opposant au gouvernement » et en réitérant leur appel à négocier afin de trouver une solution définitive à la situation de crise que vit actuellement le secteur de la santé en Algérie.

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