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Hakim Soufi, PDG de Macir Vie : « Nous voulons réussir dans notre pays »

Hakim Soufi, PDG de Macir Vie : « Nous voulons réussir dans notre pays »

Hakim Soufi, PDG de Macir Vie

ENTRETIEN. Hakim Soufi est le PDG de Macir Vie, filiale de la Ciar, spécialisée dans l’assurance des personnes. À l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron, nous l’avons interrogé sur le développement de l’économie numérique en Algérie.

Le président français Emmanuel Macron effectue ce mercredi une visite en Algérie. Il va rencontrer des startuppers algériens. Quelles sont les attentes des startups algériennes ?

Le fait qu’il déjeune avec des startuppers algériens signifie qu’il accorde une place importante à l’écosystème entrepreneurial dans le numérique au sein de sa réflexion vis à vis de la destination Algérie. En effet il ne faut pas oublier qu’il y’a de cela quatre années, il souhaitait arrêter la politique pour entreprendre dans ce domaine justement. Et il a réussi avec brio puisque nous avons tous assisté à l’ouverture de Station F qui est le porte-drapeau de la French Tech et qui va révolutionner l’approche française en termes d’innovation.

Le président Macron souhaite faire monter en puissance cet écosystème non seulement au niveau européen mais l’élargir même à l’Algérie, ce qui serait bénéfique pour nous en tant qu’entrepreneurs qui tentons de faire émerger le numérique en Algérie.

Pour les attentes des startups algériennes, le constat est simple. Aujourd’hui elles n’ont pas d’accès aux financements alors que nous avons dans notre pays des startups qui peuvent se développer et devenir des Uber, Airbnb et Alibaba locaux, des comparateurs de prix, des sites spécialisés dans le tourisme, les véhicules, l’immobilier, les événements culturels et tant d’autres encore. Or les startups sont sans ressources financières et je rends hommage à tous ces entrepreneurs qui sont aussi des influenceurs sur les réseaux sociaux. Ce sont des femmes et des hommes qui croient en leurs idées et qui, en règle générale, « roulent » uniquement sur leurs fonds propres, ils sont incroyablement généreux et courageux, ce sont des modèles pour moi.

Ainsi, ces startups sont en attente de financement mais aussi et surtout de reconnaissance. Elles veulent être reconnues pour ce qu’elles constituent des vecteurs de croissance économique à très fort potentiel. Elles veulent sentir qu’elles jouent un rôle moteur dans l’économie de notre pays et c’est vrai, elles sont notre avenir parce qu’elles négocient le virage numérique au sein même de notre société. Je suis convaincu qu’elles vont faire exploser le secteur des services en termes de chiffre d’affaires et de notoriété au profit exclusif de notre pays.

Enfin, elles attendent une « connexion » étroite avec l’écosystème de la « French Tech » concomitamment à la mise en place de ce que je souhaite voir naître : « l’Algerian Tech ». Les deux écosystèmes pourraient être jumelés car la France a besoin de nos compétences et nous avons besoin de leurs connaissances.

De plus, elles attendent une vraie prise de conscience des opérateurs économiques et des banques de notre pays sur les solutions à apporter au financement de ces startups.

Comment la France peut-elle contribuer au développement d’une économie numérique en Algérie ?

Le président Emmanuel Macron a confirmé le lancement d’un fonds de 10 milliards d’euros destiné à financer les industries du futur. En combinant les efforts entre les deux rives de la Méditerranée, nous pouvons bénéficier de ce fonds.

Dans le même temps, il pourrait initier une véritable relation privilégiée entre l’écosystème numérique français et algérien sur la base d’un échange d’expérience, des formations, des jumelages, des rendez-vous entre entrepreneurs du numérique, l’achat des services du web algérien, la rencontre entre des influenceurs à Paris et à Alger. Bref, toute une série d’initiatives que nous pouvons contribuer à se voir réaliser.

Enfin, nous pouvons penser à construire des ponts d’échange de services entre nos deux écosystèmes car le champ d’application est tellement vaste qu’il nous faudrait une sorte de conseil algéro-français du numérique.

Comment Macron peut-il aider à construire des liens entre les startups algériennes et la France ?

Par la connaissance. Par exemple, créer en Algérie une structure comme l’école 42 de Xavier Niel (qui accompagne Macron durant cette visite) pour former des codeurs algériens capables de travailler pour le compte d’entreprises algériennes, françaises et pour d’autres entreprises d’autres pays.

Par la pratique, s’associer pour bâtir la station DZ sur le même modèle que Station F, ce serait intéressant pour notre écosystème d’entrepreneuriat dans le numérique.

Et enfin, par une communion des efforts en développant les services digitaux en Algérie et que notre pays devienne une plateforme de développement orientée notamment vers l’Afrique.

Nous voulons réussir dans notre pays et nous voulons que notre pays devienne le pays de la réussite, de l’optimisme et de l’innovation, et c’est à notre portée.

En tant que chef d’entreprise quel est votre message pour Macron ?

Je suis né en 1976, j’ai fait l’École nationale d’administration à Alger, je travaille dans le privé, dans le secteur financier et je suis passionné par les nouvelles technologies en particulier et la culture en général. Je n’ai rien à demander, mon vœu et celui des gens de ma génération, est que nous construisions ensemble un avenir serein et rempli de réussite pour nos pays respectifs.

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