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Importation de véhicules neufs : échange houleux au Sénat

Importation de véhicules neufs : échange houleux au Sénat

La polémique autour du retour de l’Algérie à l’importation des véhicules neufs se propage pour atteindre, ce jeudi 21 janvier, l’hémicycle du Conseil de la nation (Sénat).

Lors de la séance des questions orales, le ministre de l’Industrie, Ferhat Ait Ali, a défendu sa méthodologie en affirmant que l’opération d’octroi d’agréments aux concessionnaires se déroule dans la transparence.

Il répondait ainsi aux interrogations du sénateur Abdelouahab Benzaim qui a pointé du doigt le manque de transparence qui entoure cette opération.

Un sentiment renforcé par le fait que ni l’identité des quatre premiers heureux bénéficiaires de l’agrément provisoire ni les marques de véhicules à importer par l’Algérie n’ont été dévoilées par le ministère de l’Industrie.

« Il est attendu de nous que nous défendions les intérêts de l’État et du peuple, et de ne pas se soumettre aux pressions des cercles occultes ni à leur chantage. Il n’y a que la loi qui doit prévaloir », a lancé Benzaim lors de sa prise de parole.

De son côté, le ministre de l’Industrie a réfuté tout manquement à la transparence dans le traitement des dossiers d’agrément. « Chaque dossier qui répond au cahier des charges élaboré par le comité technique intersectoriel (industrie, commerce et finances) sera agréé, que son dossier soit examiné ce mois-ci ou l’année prochaine, et même s’il devait y avoir un changement de ministre », a-t-il assuré.

« Le décret exécutif (relatif aux modalités d’importation des véhicules neufs, ndlr) ne précise ni une durée, ni un groupe ou un nombre précis d’opérateurs. Tous ceux qui répondent aux conditions et se mettent en règle avec la réglementation sont les bienvenus en toute transparence », a continué le ministre.

Le sénateur Benzaim a fait part de son opposition à l’importation des véhicules neufs en raison de son impact négatif sur les réserves de change de l’Algérie.

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« Vous me dites qu’on doit économiser 2 milliards de dollars (plafond fixé par le gouvernement pour la facture d’importation des véhicules neufs, ndlr) ? Ces deux milliards de dollars engendreront un bénéfice d’un milliard de dollars », s’est défendu le ministre, qui lui-même se vantait fin décembre que le blocage des importations avait permis à l’Algérie d’économiser trois milliards de dollars qui devaient être utilisés pour importer les véhicules et les pièces de rechange en 2020.

Ferhat Ait Ali défend sa méthodologie

Le ministre de l’Industrie a fait un parallèle avec une époque durant laquelle, a-t-il accusé, 12 milliards de dollars étaient dépensés par des importateurs- aujourd’hui sous les verrous- sous couvert d’industries fictives.

Des sommes provenant souvent du marché noir de la devise et qui sont le fruit de pratiques « criminelles », a poursuivi Ait Ali. Et d’asséner à l’adresse du sénateur : « L’État n’est pas près d’alimenter un marché en dehors de la loi », allusion à l’importation des véhicules de moins de trois ans.

Le sénateur Benzaim, qui est opposé à l’importation des véhicules neufs, défend l’importation des véhicules de moins de 3 ans, qui a été autorisée par l’article 110 de la Loi de finances 2020.

Benzaim recadre Ferhat Ait Ali

Cette disposition de loi stipule que les particuliers peuvent procéder à l’importation de véhicules d’occasion sur leurs fonds propres. Ce à quoi Ferhat Ait Ali s’est opposé, jugeant que ce procédé ne ferait qu’alimenter davantage le marché noir de la devise en Algérie.

L’accusation d’Ait Ali a fait bondir le sénateur Benzaim qui a arraché la parole au président de la séance du Sénat pour inviter le ministre à ne pas accuser « qui que ce soit de traîtrise ou d’être un fils de la France ! ».

Le modérateur a dû couper court à un échange qui promettait d’être vif entre les deux hommes.

Le ministre de l’Industrie a signifié que l’importation des véhicules neufs était interdite aux concessionnaires à capitaux étrangers qu’il accuse d’avoir « siphonné » l’argent public sans qu’il leur soit demandé des comptes.

Le nouveau cahier des charges relatif à l’importation des véhicules neufs a réservé cette activité aux « sociétés commerciales dont le capital social est détenu entièrement par les opérateurs nationaux résidents ».

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