
Des importateurs de viandes rouges ont adressé, samedi 13 mai, une lettre au premier ministre Abdelmalek Sellal dans laquelle ils dénoncent des « manipulations malsaines » au profit de certains « privilégiés » dans l’octroi des licences d’importation.
Ces importateurs mettent en cause les opérateurs sélectionnés pour importer de la viande fraîche. Ils s’interrogent sur les raisons pour lesquelles leurs sociétés spécialisées dans le domaine depuis plus de dix ans et « totalisant les plus grandes parts de marché toutes viandes confondues ont été exclues du contingent quantitatif ».
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Pour le ministère du Commerce, ces accusations sont infondées. Mais dans ce dossier, le débat ne concerne pas uniquement les critères de choix des importateurs dans le cadre des licences. Comme pour les autres produits, la liste des importateurs retenus pour la viande fraîche n’a pas été rendue publique. On sait seulement que ces opérateurs « répondent à des critères » censés être rigoureux, selon les affirmations du ministère.
Mais dans le cas de la viande, la parole du gouvernement est malheureusement insuffisante. Ces dernières années, les principaux scandales alimentaires dans le monde sont liés à la viande. Du vieux scandale de la vache folle à l’affaire très récente de la viande brésilienne avariée en passant par la fraude à la viande de cheval, cet aliment suscite beaucoup d’appréhensions chez les consommateurs. Même les mesures draconiennes prises par les pays développés au lendemain du scandale de la vache folle n’ont pas suffi à éviter de nouvelles affaires.
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On connaît le monde des importateurs en Algérie. Souvent, les opérateurs ont peu de scrupules. Le ministre du Commerce lui-même les a pointés du doigt à plusieurs reprises, allant jusqu’à les accuser d’importer des produits cancérigènes. Pourquoi les opérateurs sélectionnés pour la viande seraient-ils différents ?
Dans ce dossier, le gouvernement devra en réalité fournir non seulement les identités des importateurs algériens mais aussi et surtout leurs fournisseurs à l’étranger pour permettre au client de savoir si la viande provient d’élevages qui respectent un minimum de critères de santé et si les bêtes sont sacrifiés selon le rite islamique « halal ». Car, en plus du problème de santé, il y a une dimension religieuse importante dans cet aliment.
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