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« La mobilisation des étudiants ne peut pas compenser le vide laissé par les forces politiques »

« La mobilisation des étudiants ne peut pas compenser le vide laissé par les forces politiques »

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Les étudiants ont relevé le défi de la mobilisation pour le 2e mardi du mois de Ramadhan. Quel en est votre appréciation ?

Louisa Ait Hamadouche, politologue. Il y a eu une forte mobilisation, malgré la chaleur et le fait que les examens approchent. Il y a eu beaucoup de slogans politiques à l’instar du rejet total des élections du 4 juillet. La mobilisation est quelque peu inférieure à la période d’avant le Ramadhan, mais il y a eu une forte mobilisation estudiantine.

Pensez-vous que la mobilisation populaire aurait tenu tout ce temps sans la persévérance des étudiants ?

Je pense que la mobilisation populaire du vendredi et la mobilisation estudiantine du mardi se complètent et s’alimentent mutuellement. La caractéristique de la mobilisation des étudiants c’est la jeunesse, et donc l’énergie est beaucoup plus grande chez eux que pour le reste de la population. Et puis, on sent chez les étudiants une vraie détermination pour la régularité et la constance de la mobilisation.

Maintenant, les étudiants sont en quête de résultats et de projections politiques. Cette mobilisation est importante et il est tout aussi important qu’elle reste pacifique et politique. Cependant, à elle seule elle ne peut pas suffire, elle doit être complétée par les autres secteurs et notamment les forces politiques.

Dans la mobilisation des autres secteurs, c’est celle des partis politiques qui est la plus faible et ça est très problématique. En d’autres termes, la mobilisation des étudiants a beau être forte et porteuse de messages, elle ne peut pas compenser le vide laissé par les forces politiques. Celles-ci doivent impérativement remplir le rôle qui est le leur.

Comment voyez-vous le rôle des étudiants dans la période de transition si celle-ci devait advenir ?

Si on entre dans une période de transition, le rôle des étudiants sera de maintenir la pression de façon à ce qu’il n’y ait pas un retour en arrière et aussi être une force de vigilance et de veille. Maintenir la pression pour que les réformes soient effectivement mises en place; et être une force de vigilance et de veille pour qu’il n’y ait pas un retour vers un système autoritaire.

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