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« La violence n’engendre que la violence »

« La violence n’engendre que la violence »

Les manifestations du 8e vendredi ont été marquées par des actes de violence à Alger. La police a usé de violence contre les manifestants pacifiques. Le pouvoir semble avoir testé la manière forte pour imposer sa solution.

Pour la politologue Louisa Dris-Ait Hamadouche, « aucune solution ne peut venir de la violence ». « L’Algérie le sait pertinemment : la violence n’engendre que la violence. Jusqu’à présent, les manifestations ont toujours été pacifiques. Jusqu’à présent, les forces de l’ordre se sont comportés de façon professionnelle. La violence utilisée hier fait écho à la violence utilisée mardi dernier (contre les étudiants) », soutient-elle ajoutant que l’usage de cette violence « n’est pas compréhensible ».

La politologue ne s’explique pas ce changement d’attitude opéré par les forces de l’ordre à l’encontre des populations pacifiques malgré les assurances du chef d’état-major Ahmed Gaïd-Salah. « Il est difficile de comprendre le changement opéré depuis mardi dernier. Puisque le chef d’état-major lui-même avait reconnu à plusieurs reprises le caractère pacifique des manifestations et il avait même rendu hommage aux populations qui manifestent. Je ne comprends pas ce changement et cette démarche », souligne-t-elle.

La population ne rejette pas les élections comme principe

A propos des élections du 4 juillet, l’enseignante universitaire estime que la population « ne rejette pas les élections comme principe ». Elle rejette « le fait que celles-ci ne garantissent pas la libre expression de leur vote ». « La population réclame les réformes nécessaires pour que ces élections soient effectivement légitimes », relève Louisa Dris-Ait Hamadouche.

Pour elle, les élections sont une solution quand elles garantissent le libre choix des électeurs. « Or, pourquoi la population rejette aujourd’hui les élections prévues dans trois mois ? C’est parce que elles conduites par ceux-là mêmes qui ont organisé toutes les élections précédentes et qui n’ont pas été transparentes, de l’aveu même du président sortant Abdelaziz Bouteflika », assène-t-elle.

Aussi, la position des juges qui ont annoncé qu’ils ne superviseront pas les prochaines élections est, selon la politologue, révélatrice et « exprime parfaitement la crise de confiance » qui existe vis-à-vis ces élections. « Si les magistrats, garants suprêmes de la justice en Algérie refusent de cautionner ces élections, c’est parce qu’ils savent pertinemment et vu les expériences passées, que ces élections ne pourront pas être transparentes », lance-t-elle.

Pourtant, la solution est simple et n’a rien de difficile, ajoute-t-elle. « Il s’agit de créer les conditions d’une élection transparente avec un gouvernement neutre, une instance d’organisation des élections indépendante et la révision des lois sur les libertés individuelles et collectives ».

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