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L’Algérie visée par l’espionnage marocain en France : des zones d’ombre à éclaircir

Des notes retrouvées dans le cadre de l’enquête sur la transmission d’informations par un agent de la police aux frontières (PAF) à Orly, Charles D., à un agent du renseignement…

L’Algérie visée par l’espionnage marocain en France : des zones d’ombre à éclaircir
Source: Google maps
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Des notes retrouvées dans le cadre de l’enquête sur la transmission d’informations par un agent de la police aux frontières (PAF) à Orly, Charles D., à un agent du renseignement marocain, Mohamed B., semblent indiquer que l’Algérie était espionnée par le Maroc.

Le journal français Libération, qui avait révélé ce trafic de documents confidentiels en juin avec Le Point, rapporte mardi 5 septembre que trois hauts responsables algériens étaient également visés dans cette affaire d’espionnage.

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Selon un des journalistes auteurs de l’enquête interrogé par TSA, il s’agit de deux ministres en exercice au moment des faits (Hamid Grine, ministre de la Communication, et Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur) et de l’ancien vice-Premier ministre Noureddine Yazid Zerhouni, qui fut également ministre de l’Intérieur.

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Des notes sur les déplacements des ministres 

Alors que les enquêteurs s’intéressaient à la transmission illégale de ces informations (sur des ressortissants marocains fichés « S »), « deux feuillets » relatifs aux déplacements à Paris de ces ex-ministres ont été retrouvés au domicile d’un certain Driss A, directeur de la société de sûreté ICTS à l’aéroport d’Orly.

Né au Maroc, il jouait le rôle d’intermédiaire entre Mohamed B. et Charles D. Cette perquisition a également donné lieu à la découverte d’un feuillet consacré à l’ancien ministre de l’Intérieur Yazid Zerhouni, qui a été pendant de longues années un proche du président Bouteflika.

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Les notes retrouvées coïncident avec les déplacements des deux ministres dans la capitale au même moment : Tahar Hadjar était présent à Paris les 25 et 26 janvier 2017 dans le cadre de la 4e Conférence algéro-française sur l’enseignement supérieur et la recherche, et Hamid Grine le 25 janvier, à l’Institut du monde arabe dans le cadre d’une conférence autour de l’exposition « Biskra, sortilèges d’une oasis ». Il faut toutefois souligner qu’aucune « note » sur Hadji Baba Ammi, alors ministre des Finances, également à Paris à cette période, n’a été retrouvée.

Une taupe à l’ambassade d’Algérie à Paris ? 

L’agent marocain, Mohamed B., est soupçonné par la justice « d’être le destinataire final des documents obtenus par Driss A. auprès du policier », indique Libération. 

Mais comment Driss A., qui jouait le rôle d’intermédiaire entre l’agent marocain et le fonctionnaire de police français a-t-il pu se retrouver en possession de ce type de documents, probablement rédigés par les renseignements algériens et en provenance de l’ambassade d’Algérie à Paris ?

D’après Libération, « ces documents auraient été fournis, là encore, par Charles D ».  « Une négligence », a tenté de justifier Driss A., « selon qui les documents ont glissé par erreur… ».

Enfin, dernière interrogation, et non des moindres, si Charles D. avait accès aux notes confidentielles rédigées par son service sur les fichés « S », il pouvait difficilement détenir des éléments en provenance de l’ambassade d’Algérie à Paris. L’enquête devra donc déterminer qui a pu jouer le rôle de « taupe » au sein de notre représentation diplomatique.

« Il faut rappeler que les « notes » sur les ministres font partie du protocole », comme l’explique à TSA un ancien diplomate. « Généralement, lorsqu’ il s’agit de la visite de travail d’un ministre, l’administration du salon d’honneur est saisie par note officielle pour annoncer l’arrivée du ministre et lui assurer le passage par le salon ». 

« C’est sans doute à ce niveau que le correspondant des Marocains réunissait l’information concernant les ministres algériens », précise la même source.

Lien permanent : https://tsadz.co/yj9wd

TSA +