
Au Salon International du tourisme et des voyages en Algérie ( SITEV ) 2026 qui s’est ouvert lundi à la Safex d’Alger, la diaspora algérienne devient l’un des leviers du tourisme algérien à l’international.
Les Algériens de l’étranger représentent une double richesse pour leur pays d’origine. Ils sont de potentiels touristes et peuvent être des ambassadeurs efficaces de la destination Algérie pour leur connaissance du pays.
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Le Sitev (18-21 mai) constitue une vitrine pour promouvoir les destinations, les services touristiques, l’hospitalité, l’investissement et les nouvelles dynamiques du secteur du tourisme en Algérie. Pour cela, le pays fait appel à sa diaspora.
L’une des nouveautés de cette édition est l’espace réservé à la diaspora algérienne. Au-dessus de la porte d’entrée de ce stand, on peut lire : « Bienvenue, nos enfants, dans votre cher pays. »
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Pour cette édition, l’Algérie mise sur sa diaspora qui est aussi un immense réservoir de touristes.
Lundi, Sofiane Chaïb, secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Communauté nationale à l’étranger, s’est rendu au stand diaspora.
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La ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Mme Houria Maddahi, y a également prononcé un discours, soulignant ainsi l’importance accordée à cet espace.
La présence de ces responsables au stand diaspora confirme la place de la communauté algérienne à l’étranger dans la stratégie de promotion du tourisme national et dans le renforcement de l’attractivité de la destination Algérie.
Dans ce stand on y retrouve huit représentants de la communauté nationale à l’étranger. Notamment l’Italie, représentée par le créateur de contenu Kasoest, de son vrai nom Belkacem Ben Arous. Il partage les voyages qu’il fait avec sa femme. « Je partage des expériences de voyage et aussi mes expériences ici en Algérie », a-t-il confié à TSA.
« J’ai voyagé dans plusieurs wilayas et je prends toujours plaisir à découvrir mon pays, car l’Algérie est riche en histoires et en lieux », ajoute le créateur de contenu. Il confie que les Italiens sont « souvent surpris par l’image de l’Algérie véhiculée par les médias internationaux ». « Notre mission, c’est de changer la perception internationale de notre pays, l’Algérie », confie-t-il.
La Hongrie est représentée par Chakib Bey Boumezrag, consultant en tourisme. « Notre météo est l’une des plus favorables au tourisme. Nous avons différents paysages, notamment le désert et les montagnes, donc on peut faire tout type de tourisme en réalité », exprime-t-il.
Pour promouvoir l’Algérie comme destination touristique, « on essaye de travailler sur le réceptif parce qu’auparavant, on travaillait sur l’émetteur », confie le consultant en tourisme.
Du côté de l’Espagne, c’est Soumeya Nibouche, résidente à Madrid, qui représente la diaspora algérienne. Elle est fondatrice d’une entreprise de tourisme de luxe sur mesure.
« Actuellement, on promeut la destination Algérie, c’est notre principal levier dans la compagnie. Nous voulons que l’Algérie soit l’un des pays les plus visités et connus grâce à notre agence de voyage », a-t-elle exprimé.
« La raison, c’est que c’est mon pays. Je l’adore et je veux le faire connaître, ainsi que sa culture et sa gastronomie », ajoute Soumeya.
Les touristes espagnols qui ont découvert l’Algérie via son agence sont émerveillés par le Sud du pays. « Par rapport à l’histoire, à la culture, aux Touaregs, ces nomades qui ont su préserver leur mode de vie, et surtout aux paysages », confie-t-elle.
D’autres membres de la communauté algérienne basée à l’étranger sont présents et représentent le Japon, le Sénégal, les États-Unis, l’Asie et la Chine. L’Algérie cherche à promouvoir son tourisme, mais pas n’importe lequel.
En plus de la diaspora, un projet avec l’Union européenne est en cours.
Un tourisme culturel
L’UE et l’Algérie travaillent actuellement sur un projet de promotion du tourisme algérien en Europe, selon Monsieur Diego Mellado Pascua, ambassadeur de l’UE en Algérie, présent au SITEV.
« Il s’agit de mettre en valeur le patrimoine architectural, historique, même immatériel, algérien, et travailler sur sa valeur touristique », a déclaré l’ambassadeur de l’UE à TSA.
« Nous allons utiliser l’expérience européenne, la mettre en contact avec l’expérience ici en Algérie, en respectant la culture et le mode de vie des Algériens », ajoute-t-il.
Selon lui, les Européens peuvent aussi apprendre beaucoup de l’Algérie. Il fait référence au « caractère authentique » que possède le tourisme algérien. Concernant l’accessibilité de l’Algérie en termes d’autorisations de visas.
« Les agences de voyages, les professionnels du tourisme, mais aussi les autorités vont décider quelle est la meilleure façon de faire venir des touristes », explique l’ambassadeur de l’Union européenne en Algérie. Un tourisme naissant qui fait face à différents défis.
Différents types de tourisme en Algérie, dont un nouveau
L’Algérie est une destination convoitée pour le tourisme culturel, mais aussi pour le Sahara, selon Boukli Abdesslam, membre fondateur de la Fédération nationale de l’hôtellerie et du tourisme (FNHT).
Un nouveau type de tourisme est en train de voir le jour selon lui, « le tourisme thermal ». Différents types de tourisme qui attirent de plus en plus de touristes selon ses dires, donnant lieu à des ouvertures d’hôtels, qui ne trouvent pas le personnel adéquat. Boukli Abdesslam regrette la lenteur administrative et le problème de formation dans le domaine de l’hôtellerie.
« C’est très difficile pour nous de trouver du personnel hautement qualifié, notamment pour les hôtels haut de gamme, témoigne-t-il. Nous n’avons que deux écoles hôtelières depuis 1970, celle de Tizi Ouzou et celle de Bou Saâda. » Ce qui était suffisant auparavant, car il n’y avait pas beaucoup d’hôtels en Algérie, d’après lui.
« Ces deux écoles n’arrivent pas à former pour tout le territoire national. Il faut de nouvelles écoles de techniques hôtelières et de gestion hôtelière », suggère Boukli Abdesslam.
L’Algérie cherche à développer un tourisme sélectif. Entre la valorisation via sa diaspora, la mise en avant de ses richesses culturelles et naturelles, et les projets de coopération internationale, le pays tente de changer durablement son image à l’étranger.