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Le FLN convoque sa « Tripartite », nouvelle étape du bras de fer Ould Abbes-Ouyahia

Le FLN va organiser « une Tripartite » parallèle sans la présence du gouvernement. La réunion, qui va regrouper l’UGTA et le FCE, aura lieu ce mercredi 3 janvier à 14 h au siège du parti à Hydra, à Alger.

« Ce n’est pas une Tripartite. C’est juste une réunion pour discuter de la situation économique et sociale du pays avec l’UGTA et les organisations patronales puisqu’il n’y a pas que le FCE. Ce n’est pas une réunion sur les privatisations », nuance Djamel Ould Abbes, secrétaire général du FLN, dans une déclaration à TSA.

Selon lui, la discussion abordera le Partenariat public-privé qui a fait l’objet, samedi 23 décembre, de la signature à Alger d’un pacte, en présence du Premier ministre Ahmed Ouyahia. « Nous parlons bien de partenariat entre public et privé. Pour nous, il n’y a pas de privatisation ni d’ouverture de capital des sociétés publiques. Nous sommes favorables à un partenariat avec les PME qui sont en difficultés financières mais pas avec les grandes sociétés », poursuit Djamel Ould Abbes.

Selon le chef du FLN, le secteur public stratégique ne doit pas être touché. « Nous parlons de tout ce qui est stratégique pour l’État. C’est-à-dire le transport aérien, les chemins de fer, l’énergie, etc. », explique-t-il.

Le FLN est-il en désaccord avec le gouvernement sur la stratégie de privatisation ? Djamel Ould Abbes rejette toute idée de mésentente avec Ahmed Ouyahia. « Lui, en tant que Premier ministre applique le programme du président de la République. Et moi, en tant que responsable du premier parti du pays, dont le président d’honneur est le chef de l’État, j’ai l’obligation d’ouvrir le débat sur cette question économique. Ceux qui parlent de désaccord avec le gouvernement font de la confusion », souligne Djamel Ould Abbes. Il souhaite que la réunion de Hydra de ce mercredi sorte avec une déclaration exprimant une vision commune sur le dossier de l’avenir du secteur économique public.

Le FLN veut-il être consulté ?

Pour le FLN donc, le secteur public stratégique est considéré comme « une ligne rouge » dans la mesure où il représente « la souveraineté du pays ».

Face au FCE et à l’UGTA, samedi 23 décembre, Ahmed Ouyahia avait pourtant déclaré que l’ouverture de capital des entreprises publiques ne concerne pas les sociétés stratégiques mais les PME. Où se situe donc le problème ? Le FLN a-t-il des informations sur les intentions du Premier ministre que les autres partis n’ont pas ?

Après la réunion du 23 décembre, le secrétaire général du FLN a pris l’initiative de contacter Ali Haddad, président du Forum des Chefs d’entreprise (FCE), et Abdelmadjid Sidi Said, secrétaire général de l’UGTA, pour l’organisation de la réunion de ce mercredi.

Le FLN, qui se revendique désormais comme force politique incontournable en Algérie, n’aurait pas apprécié qu’Ahmed Ouyahia ne le consulte pas avant d’aller vers le partenariat public-privé.

Interpellé sur cette question, Djamel Ould Abbes n’a pas voulu trop s’étaler sur ce point nous invitant à assister à la réunion de mercredi. Le Premier ministre est-il tenu de consulter les partis avant de mener une politique économique, censée être l’expression sur le terrain des grandes lignes du programme présidentiel ?

En Algérie, le système constitutionnel est fait de telle sorte que la majorité parlementaire ne gouverne pas quelle que soit sa puissance. La logique aurait voulu que la majorité du Parlement gouverne en appliquant son propre programme. Mais, comme Abdelaziz Bouteflika est président d’honneur du FLN et que le FLN assume et défend le programme du chef de l’État, il n’y a théoriquement aucune confusion ni complication.

Doutes

Mais, comme le Premier ministre est également secrétaire général du RND, parti considéré comme « rival historique » du FLN depuis sa création en 1997, le FLN estime, même s’il ne dit pas publiquement, que des doutes existent sur la démarche gouvernementale actuelle.

Des doutes entretenus par l’approche des élections présidentielles même s’il n’existe, jusque-là, aucun signe qu’Ahmed Ouyahia, soit candidat à l’élection de 2019, lui qui ne cesse de répéter qu’il reste fidèle au président de la République, lequel président n’a pas dit s’il est candidat à sa propre succession ou pas.

L’urgence de la situation, en raison des difficultés financières de l’État, autorise-t-elle cette petite guerre entre le FLN et le Premier ministre ? Théoriquement, non, mais en pratique, le vieux parti n’entend rien céder, tirant sa puissance de soutiens internes ou externes du système politique et de sa capacité de « bloquer » le pays ayant la majorité dans plus de la moitié des assemblées de communes et de wilayas.

Ouyahia, qui n’a pas encore répondu aux réserves du FLN sur le dossier des privatisations, ne peut pas gouverner sans le parti de Ould Abbes qui a également le pouvoir de rejeter une loi dans les deux chambres du Parlement. Autant parler d’un casse-tête chinois en attendant que les choses soient plus claires les prochains jours.

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