
Coup dur pour le chef de file des Républicains, Bruno Retailleau, qui voit son parti perdre un militant de taille, en l’occurrence, Zaïr Kédadouche, d’origine algérienne, qui a occupé plusieurs postes clés dans l’administration et la diplomatie française.
Né à la fin des années 1950 dans une famille algérienne, Zaïr Kédadouche gravit vite les échelons, et se retrouve notamment conseiller de l’ancien président de la République française, Jacques Chirac, mais aussi consul général de la France en Belgique puis ambassadeur de la France en Andorre.
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Militant “de longue date” des LR, Zaïr Kédadouche a fini par exprimer son agacement au président de ce parti, qui n’est nul autre que l’ex-ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Kédadouche finit même par claquer la porte des LR, justifiant sa démarche par “un désaccord profond et irréductible” avec Retailleau.
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Campagne présidentielle de Retailleau : Zaïr Kédadouche claque la porte des LR
Le chef de file des LR a pourtant adressé un courrier à Kédadouche, l’invitant à rejoindre son comité de soutien et à financer sa campagne pour les présidentielles de 2027.
“Il ne manque plus que toi pour me faire gagner”, lui dit Retailleau. “Il vous manquera, à compter de ce jour, un militant de plus”, lui répond Kédadouche dans une lettre ouverte publiée dans Libération.
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Dans cette lettre, Kédadouche annonce clairement qu’il quitte les LR et qu’il refuse de financer la campagne de Retailleau. Il ne manque pas cependant de reprocher au chef de son désormais ex-parti de stigmatiser les Français d’origine maghrébine, notamment algérienne.
“Vous y promettez de «remettre la France à l’endroit» … Mais ce n’est pas la France que vous redressez lorsque vous accusez une partie des citoyens français et de manière obsessionnelle celles et ceux originaires du Maghreb, en particulier les Franco-Algériens”, lit-on dans cette lettre.
Kédadouche reproche à Retailleau son “obsession de l’Algérie”
Kédadouche tire sur Retailleau à boulets rouges, l’accusant d’avoir “trahi l’héritage de Jacques Chirac et des Gaullistes” et d’avoir “dépensé son énergie contre l’Algérie”, notamment dans l’affaire des OQTF et dans celle de Boualem Sansal.
“Vos sorties répétées visant l’Algérie… ne construisent rien, elles clivent”, écrit Kédadouche à Retailleau, lui rappelant au passage que “les enfants de la République ont pourtant le droit d’avoir des parents ou des grands-parents maghrébins, algériens en particulier”.
L’ancien conseiller de Jacques Chirac ne s’arrête pas là, il critique la démarche de Retailleau qui l’avait amené, le 26 août dernier, à qualifier le Parti de la France Insoumise de “collabos”. Au moins, Mélenchon “n’a jamais stigmatisé les Français issus de l’immigration”, fait remarquer Kédadouche.
“Le général de Gaulle doit se retourner dans sa tombe”
Il rappelle d’ailleurs à Retailleau que “l’armée d’Afrique, qui a libéré la France en 1944, comptait plus de deux cent mille soldats français de confession musulmane”. “Les Mohamed et les Fatima que vous suspectez, stigmatisez aujourd’hui sont les enfants et petits-enfants de ces résistants d’hier”, assène-t-il.
“Le général de Gaulle doit se retourner dans sa tombe”, écrit Kédadouche, rappelant à Retailleau que “si, demain, une résistance devait s’organiser, il y aurait parmi les résistants français aussi et encore des Mohamed et des Fatima”.
Pour finir, Kédadouche ne manque pas de s’indigner devant les propos de Retailleau proférés en mars 2025, lorsque ce dernier avait scandé “à bas le voile” en le qualifiant d’”étendard de l’islamisme”. Pour Kédadouche, “sommer les femmes d’ôter le voile au nom de la liberté, c’est précisément leur retirer cette liberté”.