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Le général Gaïd Salah tire sa révérence

Le général Gaïd Salah tire sa révérence

Ahmed Gaid Salah est mort ce lundi 23 décembre à l’âge de 79 ans, quatre jours après l’investiture du nouveau président de la République, Abdelmadjid Tebboune. La première action de celui-ci était de décorer le chef d’état-major de l’ANP de la médaille Sadr, la plus haute distinction de l’État algérien.

Immédiatement après l’annonce de la nouvelle, le chef de l’État a décrété trois jours de deuil national et procédé à la nomination du général-major Saïd Chengriha comme chef d’état-major par intérim. Chengriha était jusque-là commandant des forces terrestres.

Le général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah s’est retrouvé propulsé au-devant de la scène dès le déclenchement de la contestation contre le cinquième mandat du président Bouteflika en février dernier, notamment depuis son appel à partir de Ouargla, le 26 mars, pour l’application de l’article 102 de la Constitution, synonyme de la démission du chef de l’État contesté, ou de la déclaration de l’état d’empêchement.

Gaid Salah a joué un rôle clé dans cette période. Le 30 mars, il réitère que la solution résidait dans l’application des articles 102, 7 et 8. Le 31 mars, il a réuni le commandement de l’armée qui a dénoncé la mainmise de forces extra constitutionnelles sur la présidence de la république et déclaré ne plus reconnaitre les décisions qui seraient prises par cette institution. C’était la dernière sommation.

Le 2 avril, le président Bouteflika annonce sa démission après vingt ans au pouvoir. Pour garder le pouvoir, l’entourage du président a tenté de limoger Ahmed Gaid Salah, mais le complot a échoué et ses instigateurs finiront par être jugés et condamnés à 15 ans de prison en septembre.

Avant d’atteindre le sommet de la hiérarchie militaire, Ahmed Gaïd Salah avait derrière lui une longue carrière, entamée dans les maquis de l’ALN en 1956. Après l’indépendance, il a multiplié les postes de commandement. Il a notamment dirigé les 3e, 5e et 2e régions militaires.

En 1993, il est promu au grade de général major. Une année plus tard, alors que l’Algérie vivait ses heures les plus sombres du fait de la montée du terrorisme, il est nommé commandant des forces terrestres, le deuxième poste le plus important dans la chaîne de commandement.

Dix ans plus tard, en 2004, le président Bouteflika le désigne à la tête de l’état-major en remplacement de Mohamed Lamari. En 2006, il intègre le cercle fermé des officiers ayant le plus haut grade de l’armée algérienne, celui de général de corps d’armée. En 2014, tout en restant chef d’état-major, il entre au gouvernement en tant que vice-ministre de la Défense. Gaid Salah gardera les deux casquettes jusqu’à son décès, ce lundi 23 décembre.

Dans la pure tradition de l’armée algérienne, c’est le commandement des forces terrestres qui le remplace. Saïd Chengriha a été nommé chef d’état-major par intérim, en attendant ce que décidera le nouveau chef de l’État, commandant suprême des forces armées en vertu de la Constitution. Chengriha, 74 ans, a lui aussi une longue carrière militaire derrière lui, dirigeant notamment la 3e région militaire.

Général-major depuis 2003, il a été nommé commandant des forces terrestres en août 2018, en remplacement du général-major Ahcène Tafer.

Après le décès d’Ahmed Gaïd Salah, Ben ali Ben ali, commandant de la Garde républicaine, est désormais le seul à détenir le grade de général de corps d’armée, le plus haut de la hiérarchie militaire algérienne.

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