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Le nouvel émissaire de l’ONU déterminé à résoudre le conflit au Sahara occidental

New Press

Le nouvel envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Koehler, pour la première fois dans la région depuis sa nomination, s’est dit déterminé à résoudre la question sahraouie, lors d’une visite mercredi dans des camps de réfugiés sahraouis en Algérie.

Nommé en août par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres qui l’a chargé de relancer les négociations entre Rabat et le Front Polisario, M. Koehler a entamé sa tournée lundi au Maroc, qui occupe depuis 1975 une grande partie de cette ex-colonie espagnole.
Le Polisario réclame la tenue d’un référendum d’autodétermination, prévu par l’ONU.

M. Koehler a été accueilli en fin de matinée par des responsables du Polisario au camp d’Aousserd, l’un des camps de réfugiés situés autour de Tindouf  et dans lesquels vivent entre 100.000 et 200.000 réfugiés sahraouis, les chiffres variant selon les sources en l’absence de tout recensement officiel.

“Je suis venu écouter les deux parties au conflit, constater de visu les conditions dans les camps de réfugiés et comprendre la question davantage et surtout constituer ma vision personnelle”, a expliqué M. Koehler.

Il a fait part de son optimisme “quant à l’avenir des négociations du plan de règlement du conflit du Sahara occidental établi par l’ONU”. “Je ne suis pas magicien”, a-t-il toutefois souligné avant de rencontrer la population.

Dans l’après-midi, il s’est entretenu à huis clos avec des responsables du Polisario au camp de Rabouni, siège de l’administration de la RASD et n’a pas fait de déclaration à l’issue de ces discussions.

“Nouvelle dynamique ?”

Le Polisario a fait part de sa “disponibilité” à “travailler avec lui, en allant du principe que la question du Sahara occidental est en réalité très claire d’après la loi internationale, c’est une question d’autodétermination”, a de son côté expliqué Khatri Adouh, président du Parlement sahraoui, après la réunion.

M. Koehler – qui ne s’est pas rendu officiellement dans les territoires du Sahara sous contrôle marocain – doit rendre visite jeudi à Tindouf aux Casques bleus de la Minurso, notamment chargés de surveiller le cessez-le-feu.

Après des années d’impasse, M. Guterres a affirmé en avril vouloir impulser une “nouvelle dynamique” autour de ce conflit qui empoisonne depuis des décennies les relations entre Alger et Rabat et entrave plus largement la coopération maghrébine.

Dans la foulée, le Conseil de sécurité a adopté une résolution de soutien à une reprise des négociations et prolongé jusqu’à la fin avril 2018 le mandat de la Minurso.

Le prédécesseur de Horst Koehler, le diplomate américain Christopher Ross, était très critiqué par le Maroc qui mettait en cause son impartialité. Il a démissionné de son poste d’émissaire onusien en mai, après huit ans d’efforts infructueux.

Au cours de son séjour marocain, effectué dans une grande discrétion, M. Koehler, ex-président allemand, a rencontré mardi le roi Mohammed VI, mais rien n’a filtré de leurs entretiens.

“Le Maroc campe sur ses positions et sera un obstacle aux efforts” de M. Koehler, avait averti mardi soir à Tindouf, Ahmed Boukhari, représentant du Polisario auprès de l’ONU.

Selon lui, le mandat de Horst Koehler va être entravé “par le manque de volonté politique” de Rabat et sa détermination à maintenir “le statu quo” ainsi que par “la position au sein du Conseil de sécurité” de l’ONU de la France, dont le “soutien” au Maroc pousse, selon lui, Rabat à “l’intransigeance”.

M. Koehler doit se rendre à partir de vendredi à Alger et Nouakchott, mais son programme détaillé n’a pas été publié.

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