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Législatives : une campagne à « visage découvert » à haut risque sanitaire

Législatives : une campagne à « visage découvert » à haut risque sanitaire

Au début de la campagne électorale le 20 mai dernier, l’Autorité nationale des élections (Anie) a fixé un protocole sanitaire à respecter par les candidats et chefs de partis engagés dans la bataille pour les législatives du 12 juin.

Survenant dans un contexte de pandémie de Covid-19, ces élections pourraient constituer un facteur de propagation du virus alors que la situation épidémique est relativement stable en Algérie, même si le nombre de cas quotidiens a frôlé la barre des 400 cas vendredi 4 juin, après une semaine de hausse ininterrompue.

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Malgré cette hausse, les candidats aux législatives, engouffrés tête baissée dans la bataille électorale, ignorent les mesures barrières anti-Covid, dans l’indifférence générale. Une campagne à « visage découvert » qui risque de coûter cher à l’Algérie

L’Anie garde le silence et les appels des spécialistes sont inaudibles dans une campagne électorale bruyante et populiste où les candidats multiplient les sorties burlesques.

Des hommes politiques qui se prétendent pouvoir diriger le pays ne donnent pas l’exemple au reste des citoyens. Tour d’horizon des meetings des différents partis où les mesures sanitaires sont clairement et totalement négligées.

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El Binaa, d’Abdelkader Bengrina

La mise en scène aura beau impressionner, le président du parti El Binaa, Abdelkader Bengrina et ses partisans ou sympathisants ont montré un déni total des consignes sanitaires de lutte contre la pandémie de la Covid-19.

Lors de son meeting électoral, hier à la Coupole d’Alger, le chef du parti islamiste et ancien ministre de Bouteflika s’affiche sans masque et lance aux partisans des bonbons et des confiseries par poignées, dans un déni total des règles sanitaires.

Candidat au siège de député à l’APN pour la circonscription d’Alger, le fils de Bengrina salue chaudement et sans masque une foule compacte où la distanciation physique pourtant recommandée, voire exigée dans cette conjoncture sanitaire est allègrement ignorée. Dans ce défi des mesures sanitaires anti-Covid, Bengrina n’est bien entendu pas le seul à les fouler au pied.

Le FLN d’Abou Fadl Baâdji

Le SG du FLN, Abou Fadl Baâdji, lui aussi ne semble pas se soucier outre mesure des gestes barrières comme le montre une vidéo d’un de ses meetings à l’ouest du pays.

À la clé un spectacle de musique et de danse folkloriques, dans une salle fermée où la foule s’affiche sans masque (ceux qui en portent sur le comptent sur les doigts de la main) et sans aucune distance physique. Soit tous les ingrédients pour une propagation du Covid-19 dont ce chef de parti et ses partisans ne semblent aucunement tenir compte. L’essentiel, c’est la fête.

Dans un autre meeting, plus sobre cette fois, on voit le SG du FLN discourir devant une assistance moins compacte, mais là aussi aucune mesure sanitaire n’est respectée. Sans masque, les présents sont assis les uns à côté des autres, épaule contre épaule.

La Voix du Peuple, de Lamine Osmani

Le chef du parti La Voix du Peuple, Lamine Osmani, n’a visiblement lui aussi entendu parler de mesures sanitaires pour éviter une énième vague de la Covid. Dans un meeting dans une région du sud du pays, il a animé un meeting « survolté » dans un espace certes en plein air, mais où aucune mesure barrière n’est respectée.

La foule composée d’une majorité de femmes ont lancé des youyous alors que des notables et sympathisants du chef de parti s’échangent embrassades et poignées de mains au mépris du protocole sanitaire.

Le RND de Tayeb Zitouni

En meeting électoral à Biskra, le SG du RND, Tayeb Zitouni, a bien pris soin de mettre son masque avant d’entrer dans la salle où devait se tenir son meeting. Mais il l’a vite enlevé après avoir salué chaleureusement et à coups de poignées de mains ses sympathisants.

Assis au premier rang, Zitouni bavette sous le menton et derrière lui la foule compacte s’accommode de la promiscuité et les mesures barrières ne semblent pas être un souci surtout que parmi les présents on aperçoit des silhouettes de personnes âgées.

TAJ, de Fatma-Zohra Zerouati

À M’sila, la cheffe du parti TAJ qui a été fondée par Amar Ghoul actuellement en prison après avoir été lourdement condamnée à de lourdes peines dans des affaires de corruption, Fatma-Zohra Zerouati a opté pour une campagne de proximité en allant à la rencontre des citoyens de la ville.

Sauf qu’elle aussi n’a pas tardé à se débarrasser de son masque alors qu’une foule de sympathisants et de curieux l’ont vite « encerclé » sans distanciation physique et pour beaucoup d’entre eux sans masque.

On voit aussi l’ancienne ministre de l’Environnement sous Bouteflika dans une autre rencontre de « proximité » en discussion à bâtons rompus avec un groupe de jeunes,  là aussi sans aucun respect des mesures barrières.

Le MSP de Makri

À El Oued, le chef du MSP, Abderrazak Makri a bien pris soin de porter un masque FFP2 mais ses partisans et sympathisants ne respectent aucune mesure barrière.

Dans une déclaration dimanche 6 juin à TSA, le Dr Mohamed Bekkat Berkani a rappelé les candidats et les partis en lice à l’obligation de respecter le protocole sanitaire à l’élaboration duquel il a participé en tant que membre de l’ANIE. Il n’exclut pas une reprise forte de l’épidémie sous l’effet du non-respect des mesures sanitaires durant cette campagne des législatives.

La réédition du scénario de la campagne pour le référendum sur le référendum sur la révision constitutionnelle du 1er novembre dernier, qui a été suivie d’une deuxième vague de covid en Algérie, n’est pas à écarter.

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