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Libre échange et circulation des personnes en Afrique : les explications d’Ouyahia

Quarante-quatre pays africains dont l’Algérie ont signé ce mercredi 21 mars à Kigali l’accord créant une Zone de libre-échange continentale (Zlec), perçue comme essentielle au développement économique de l’Afrique, a annoncé l’Union africaine (UA).

Pour Ahmed Ouyahia, qui a signé l’accord pour l’Algérie, cette décision porte deux messages aux peuples du continent et algérien.

S’exprimant à l’occasion sur les ondes de Radio Internationale d’Algérie, M. Ouyahia a expliqué que « l’Algérie est un pays précurseur dans la construction panafricaine depuis sa guerre de libération jusqu’alors et ce de par le principe de bâtir un espace efficace et prospère », rappelant en ce sens les efforts du Président Bouteflika consentis dans sa construction en collaboration avec ses frères africains.

« L’Algérie était l’un des bâtisseurs pionniers du panafricanisme à travers sa participation aux sommets de Dar El Beida et de Monrovia », a souligné Ahmed Ouyahia, représentant du président Abdelaziz Bouteflika aux travaux du conclave au sommet de Rwanda, ajoutant que « nous étions présents dans toutes les étapes de la construction du concert africain – OUA, ndlr, depuis 1963 jusqu’à Kigali 2018 en passant par les accords conclus à Abuja et à Durban pour l’institution de l’Union africaine (UA).

« L’Algérie, précise-t-il, a de tout temps veillé à l’efficacité de ce regroupement rassembleur des africains».

« Je rappelle, pour ainsi dire, l’initiative prise par le Président Bouteflika avec ses homologues Nigérian Obansanjo et Sud-africain Tabo M’Beke de lancer le NEPAD entre autres mécanismes tel le MAEP qui ont permis de rehausser l’Afrique dans la société des nations.

Vantant l’Afrique d’aujourd’hui, M. Ouyahia dira qu’elle est un acteur actif qui élabore sa propre feuille de route – enrichie faut-il préciser par ses pairs – quand à son développement dans tous les domaines alors que par le passé l’Afrique participait comme invitée passif dans des rencontres organisées spécialement autour de sa propre évolution et se limitait à exécuter ce que les autres décidaient pour elle.

« Aujourd’hui, nous vivons la concrétisation d’une décision entérinée au sommet de Abuja en 1991. Laquelle décision stipule la création d’une zone d’échange libre que l’Algérie a signé en dépit de la crise économique endurée depuis la chute des prix du pétrole et, de par notre habituelle franchise envers nos frères, nous avons signifié que cette importante décision suggère une phase de transition à l’Algérie”, a-t-il ajouté.

Report de signature de la convention de libre mouvement des personnes

« Même signée, cela ne veut aucunement sous entendre que nous allons tolérer la migration clandestine », a averti M. Ouyahia tout en rappelant que l’Algérie, sa capitale Alger, était un refuge des mouvements révolutionnaires et la métropole pour les hommes libres.

« Aujourd’hui, dois-je dire que c’est la capitale des étudiants africains en accueillant 5 mille étudiants annuellement, toutes nationalités confondues », a-t-il articulé souhaitant que les avancées enregistrées le long du processus de l’Union africaine soit un exemple instigateur à nous autres Maghrébins n’ayant pu animé les mécanismes de l’Union du Maghreb arabe (UMA) en panne pour les raisons connues.

A la question de savoir quelle est l’intérêt de l’Algérie en ratifiant cette convention, Ouyahia a expliqué que l’Algérie, longtemps freinée par son aisance financière issue de la manne pétrolière et l’absence de la culture d’exportation, est orientée désormais vers l’optique d’exporter en Afrique.

Un Forum, dit-il, autour du partenariat économique Algérie-Afrique a été organisé à juste titre, il y a deux ans, à Alger et qui a ouvert les portes de l’Afrique aux opérateurs économiques nationaux.

Des hommes d’affaires algériens ont accédé au marché africain ce qui augure d’un réel symptôme de l’intérêt que nous portons pour ce marché.

« Etant convaincu de l’abondance de produits dont est capable de marchander l’exportateur algérien mais le problème réside dans la fragilité du produit national d’où l’intérêt qu’accorde l’Algérie au lancement de cette zone de libre échange car, au-delà des hydrocarbures, l’Algérie est l’une des quatre premières économies industrielle et agraire au niveau africain”, a-t-il indiqué.

“L’Afrique, a-t-il enchainé, aura fort à gagner d’une réelle intégration panafricaine. En réalité c’est là les deux messages, auxquels j’ai insinué plus haut, que nous pouvons retenir pour le bien de l’économie algérienne en priorité : « la confiance en un vaste marché » et delà « l’engagement à améliorer la production et la productivité ».

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