
L’Algérie opère son retour sur le marché international afin d’obtenir des financements pour la réalisation des « projets d’intérêt national » comme les chemins de fer. Ce basculement a été opéré dans la Loi de finances de 2021, avant d’être réaffirmé dans celle de 2025.
L’article 201 de cette dernière a fixé le cadre. Le financement de projets « d’intérêt national » peut être assuré par des institutions financières internationales, bilatérales ou multilatérales, ainsi que par tout autre partenaire financier, sous réserve de « l’autorisation préalable » du Conseil des ministres.
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« Sont du ressort exclusif du ministère des Finances toutes actions portant sur la recherche de financement au profit des projets d’intérêt national, l’identification des bailleurs de fonds potentiels, de même que l’introduction de requêtes auprès de ces derniers.
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Les modalités d’application du présent article sont précisées par arrêté du ministre chargé des Finances », a précisé le législateur dans le même article. Ces modalités ont été fixées par un arrêté du 17 février 2026 fixant les modalités de recours au financement extérieur pour la réalisation des projets d’intérêt national.
Le texte a été publié mercredi 22 avril au Journal officiel. Selon l’article 2 de l’ arrêté, c’est le ministère des Finances qui « assure la préparation et le suivi des procédures relatives au financement extérieur comprenant la prospection des partenaires financiers, la soumission des demandes de financement et la conduite des négociations pour la mobilisation des prêts, en coordination avec les ministères et les institutions publiques concernés. »
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Retour aux financements extérieurs : voici les nouvelles règles
Les ministères et les institutions publiques concernés par les projets d’intérêt national proposés au financement extérieur « engagent leur entière responsabilité » quant à la maturité des projets et à la qualité des études produites, précise l’article 3 du même arrêté. Ils sont également responsables de la « bonne exécution des projets, dans le respect des coûts, des délais et des objectifs fixés ».
Il s’agit d’éviter de contracter des financements extérieurs pour des projets dont les études sont insuffisantes, ce qui impliquerait des révisions de coûts et l’allongement des délais de réalisation, comme c’est souvent le cas pour les projets financés sur le budget de l’État.
Enfin, l’arrêté signé par le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, rappelle que l’autorisation préalable du Conseil des ministres est « requise » pour le recours au financement extérieur. « Cette autorisation est sollicitée après l’approbation du projet par les instances compétentes du bailleur de fonds », précise l’arrêté.
Après avoir longtemps préféré financer ses projets sur le budget de l’État, l’Algérie a fait le pas en 2025 en obtenant un financement de trois milliards de dollars de la Banque africaine de développement (BAD) pour la réalisation d’un tronçon de 495 km entre Laghouat-Ghardaïa-El Ménéa de la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset. Une tranche de 747 millions de dollars a été débloquée fin 2025.