
À plusieurs reprises il a été possible de voir dans le grand sud des dromadaires assoiffés en bordure de route et secourus par des automobilistes.
Dimanche, c’est un veau perdu dans la neige à proximité du sommet sur le mont Lalla Khedidja dans le massif du Djurdjura en Kabylie qui a ému les internautes algériens.
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Un veau pris au piège dans une tempête de neige dans le Djurdjura
Comme en Europe, dans les zones de montagnes d’Algérie, l’estive est une tradition. En été, vaches et veaux sont envoyés vers le sommet des montagnes à la recherche de pâturages plus fournis.
Une pratique qui s’arrête normalement début novembre. Mais avec la sécheresse et le réchauffement climatique qui frappent l’Algérie de plein fouet ces dernières années, des éleveurs tardent à rapatrier les animaux.
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Le veau au pelage noir erre dans la neige où seuls quelques rochers émergent sous la couverture blanche. Les flocons de neige se sont accrochés aux poils de l’animal détrempant sa peau et le rendant plus sensible au froid sur ces pentes enneigées.
Il fait quelques pas hésitants sur le sol en pente, puis abandonnant l’idée d’aller plus loin, il se tourne vers les randonneurs qui l’ont découvert.
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Autour de l’animal, le spectacle de la chaîne du Djurdjura est grandiose dans ce désert de neige mais terriblement inhospitalier pour le jeune veau dont on ne sait pas comment il s’est retrouvé seul au milieu d’une violente tempête de neige.
Voyant l’animal en perdition, les randonneurs ont décidé de signaler sa présence en utilisant les réseaux sociaux. Une vidéo devenue immédiatement virale et qui a ému les internautes.
L’un demande d’appeler « la gendarmerie ou l’armée et préciser l’endroit par géo-localisation »
Un autre indique : « Un appel urgent a été lancé pour sauver une vache échouée à la montagne Lalla Khedidja, en particulier en raison de chutes de neige et de froid mortel. Chacun est prié de contacter immédiatement la protection civile ou les autorités locales pour une intervention rapide ».
Un autre prend à témoin tout un chacun : « Regardez la photographie, il faut arriver à renvoyer l’animal dans son étable ».
Plus pragmatique, un autre internaute suggère d’apporter « une couverture, couvrez-le, et une bâche par-dessus qui va le réchauffer » et conseille « ne le bougez pas de sa place ».
Un internaute signale : « J’ai appelé la protection civile, ils ont des hélicoptères de secours », tandis qu’un autre s’en remet à la clémence divine : « Ne vous inquiétez pas, Dieu l’a créé pour faire face à ces conditions climatiques froides », et interroge : « comment expliquez-vous sa survie s’il n’est pas mort depuis tout ce temps dans un environnement comme celui-ci ».
Avec le réchauffement climatique, la pratique de l’estive se prolonge
Cette compassion pour l’animal en errance montre le souci du public d’éviter la maltraitance animale en élevage.
La pratique de l’estive prolongée jusqu’au mois de novembre montre également la difficulté plus grande de trouver des ressources fourragères en Algérie.
Les zones de montagne disposent certes de pâturages et du couvert d’arbres mais il s’agit d’une végétation fragile dont la persistance n’est possible que par le respect d’une charge appropriée d’animaux par hectare sous peine de voir les repousses naturelles de jeunes arbres être broutées.
Dans les cas extrêmes, ce type de situation amène au vieillissement prématuré de la forêt et sa disparition progressive du fait de l’absence de renouvellement.
En 2019, Tarek Hamel de l’université de Annaba et co-auteur d’une étude sur les forêts de chêne liège de l’Edough signalait que ces forêts « subissent de nombreux dommages de la part de l’homme et de ses troupeaux ». Des forêts indispensables pour leur rôle dans le ralentissement du ruissellement des eaux issues de la fonte des neiges.