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Meetings de candidats et manifestations hostiles au deuxième jour de la campagne électorale

Meetings de candidats et manifestations hostiles au deuxième jour de la campagne électorale

La campagne électorale pour l’élection présidentielle du 12 décembre se poursuit dans un climat particulier. Pour son premier meeting, Abdelmadjid Tebboune a choisi Adrar, une ville déjà visitée hier par deux autres candidats Abdelaziz Belaid et Azzedine Mihoubi. Ali Benflis a tenu un meeting à Souk Ahras et un autre à Guelma. Abdelkader Bengrina était à Blida.

À Adrar, Abdelmadjid Tebboune a promis d’initier les changements demandés par le Hirak. « Il faut arriver à exprimer de manière constitutionnelle et juridique la demande qui a été faite de manière populaire qui est l’exigence d’entrer dans une nouvelle ère », a expliqué Tebboune. Le candidat a promis de faire « le maximum pour entamer la libertion de la justice » et assuré que « la liberté d’expression sera protégée et encouragée ».

Sur le plan économique, Tebboune prône des mesures urgentes de redressement, tout en promettant de faire revenir au Trésor public ce qui a été détourné par les anciens dirigeants. Il a promis de faire de la wilaya d’Adrar un pôle agro-industriel, produisant notamment de la canne à sucre et du tournesol pour l’huile de table.

À partir de Souk Ahras, Ali Benflis se pose en « président rassembleur de toutes les couches de la société quels que soient leurs bords politiques et idéologiques ». Il estime « avoir les solutions pour résoudre les problèmes politique, économique et social » que vit le pays.

Le candidat malheureux aux présidentielles de 2004 et 2014 promet de concrétiser la séparation des pouvoirs tout en promettant de protéger les deniers publics et de permettre à la justice de s’autosaisir pour poursuivre les auteurs de détournements.

Manifestations et arrestations

Dans ce contexte, la contestation contre l’élection présidentielle de décembre ne faiblit pas. À Bejaia, une manifestation a eu lieu en fin de journée pour dénoncer l’élection. Des citoyens de Tichy, à 10 km à l’est de Béjaia, ont tenu un rassemblement pour renouveler leur rejet du scrutin tout en procédant à la fermeture du siège de la daïra. « Le rassemblement a été réprimé par les forces de sécurité qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. On enregistre plusieurs blessés légers », affirme Saïd Salhi vice-président de la Ligue algérienne des droits de l’homme (Laddh) qui ne fait pas état d’arrestations parmi les manifestants.

À Blida, des arrestations ont été également opérées parmi les manifestants opposées à la venue du candidat Abdelkader Bengrina. À Ain Defla, un jeune manifestant a été interpellé.

À Sétif, des interpellations auraient été faites parmi les dizaines de citoyens qui manifestaient ce lundi contre la présidentielle du 12 décembre. « Silmya, silmya ! » a scandé la foule qui tient au caractère pacifique de la manifestation. Les manifestants ont réitéré leur rejet du vote.

À Guelma, des citoyens opposés à la venue de Benflis et hostile à la présidentielle ont tenu un rassemblement aux cris de « Benflis dégage ! », « A Guelma il n’y aura de vote » ou encore « Makach intikhabat maa al issabat ».

À Ouargla, ce sont les photos des détenus du Hirak qui ornent les panneaux prévus pour les affiches électorales. À Biskra, une marche de plusieurs dizaines de personnes a été organisée contre la tenue de la présidentielle.

À Bouira, des centaines de personnes ont bloqué, ce lundi, pour le deuxième jour consécutif, les deux sièges de l’APC et de la daïra de Haizer, a constaté sur place le correspondant d’El Watan. « La situation a failli dégénérer, écrit-il. Plusieurs fourgons de police antiémeute ont été mobilisés à proximité des édifices. Le renfort de service de sécurité a été déployé pour empêcher les manifestants de murer l’entrée de l’APC ». « La foule a scandé des slogans hostiles au pouvoir en réaffirmant le rejet de la population des élections présidentielles prévues pour le 12 décembre prochain », ajoute la même source.

À Tlemcen, des dizaines de citoyens ont organisé un rassemblement devant le tribunal de Tlemcen pour appeler à la libération de 18 citoyens arrêtés la veille lors de la venue du candidat Ali Benflis.

Ce deuxième jour de la campagne électorale a coïncidé avec la tenue de plusieurs procès de militants et activistes du Hirak devant les tribunaux de Sidi M’hamed à Alger, Tlemcen, Chlef et Bouira.

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