
Au moment où les massacres de civils innocents se poursuivent à Gaza, où les Palestiniens de Cisjordanie subissent occupation et violences, et où Israël multiplie les agressions contre les pays de la région, le Maroc choisit d’élever ses relations avec Israël au rang d’ambassades.
Ce choix est politiquement insoutenable et moralement indéfendable pour un pays qui se revendique défenseur de la cause palestinienne et dont le souverain est président du Comité Al-Qods.
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Maroc – Israël : la justification insolite de Bourita
Le plus révélateur reste pourtant la justification insolite avancée par Bourita. Sur ce point, il pousse le cynisme à son comble !
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En effet, pour défendre cette décision, il explique froidement que les relations avec Israël permettraient au Maroc « d’aider les Palestiniens sur le plan humanitaire ».
Ainsi, au moment où Israël décime les Palestiniens, le Maroc officiel dit renforcer ses relations avec Israël au nom des Palestiniens ! On aura tout entendu. Il fallait oser pousser aussi loin le renversement des rôles.
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Le Maroc serait donc devenu plus utile aux victimes en se rapprochant davantage du bourreau sanguinaire qui leur impose cette tragédie.
Et pour accréditer cette justification, Nasser Bourita ressort les fameuses 40 tonnes d’aide envoyées à Gaza en 2024.
Quarante tonnes pour justifier une décision diplomatique d’une tout autre portée. L’humanitaire devient ainsi l’alibi au rabais d’une décision politique déshonorante pour le peuple marocain.
On demande aux Marocains de regarder les quelques camions d’aide pour ne pas regarder les ambassades de la honte qui s’ouvrent.
Quand Bourita parle de « courage » !
La vidéo de la signature est, elle aussi, éloquente. Bourita apparaît la mine allongée, les yeux baissés, très loin du sourire triomphant affiché en 2020 lors de la signature des accords d’Abraham. Difficile de ne pas voir dans cette attitude le malaise d’un homme conscient de la portée de sa signature scélérate.
L’histoire retiendra aussi le symbole de cet instant. Comme Judas, dont le nom est devenu synonyme de trahison, Bourita verra son nom associé à un reniement de la cause palestinienne au moment le plus sombre de la tragédie des Palestiniens.
Et comme pour toute décision politique, ce ne sont ni les discours ni les justifications humanitaires qui trancheront, mais les actes et la trace qu’ils laisseront dans l’histoire.
Et quand Bourita parle de « courage », le courage aurait pourtant consisté à défendre les Palestiniens sans transformer leur souffrance en justification de la normalisation avec Israël.
Le reste n’est qu’une vile opération de communication qui ne trompera ni les peuples arabes ni les millions de personnes à travers le monde qui dénoncent le régime génocidaire d’Israël et ses dirigeants racistes et suprémacistes.
Ancien Ambassadeur*