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Neil Zeghidour, l’entrepreneur d’origine algérienne soutenu par Nvidia qui veut « tuer » le clavier

Neil Zeghidour, jeune chercheur français, ambitionne de remplacer le clavier des smartphones et des ordinateurs par une IA vocale.

Neil Zeghidour, l’entrepreneur d’origine algérienne soutenu par Nvidia qui veut « tuer » le clavier
IA vocale : Neil Zeghidour, le chercheur d’origine algérienne qui veut « tuer » le clavier. / DR
Dounia Ladraa
Durée de lecture 3 minutes de lecture
Clock 3 minutes de lecture

Pour le dirigeant de Gradium, la voix pourrait progressivement s’imposer comme une interface centrale entre les humains et les machines.

Fils du journaliste et éditorialiste de TV5 Monde Slimane Zeghidour, Neil Zeghidour est un chercheur français d’origine algérienne qui figure dans la liste des « 50 qui vont faire demain » de L’Obs. Son projet phare : « tuer » le clavier et le remplacer par une IA vocale.

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Invité du podcast de Matthieu Stefani, disponible sur YouTube depuis le 25 octobre, le cofondateur de Gradium a exposé son ambition : développer l’intelligence artificielle vocale pour rendre les interactions avec les machines plus naturelles et réduire, à terme, la place du clavier.

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Gradium : vers une interaction plus naturelle avec les machines

L’ambition de Gradium est de permettre aux utilisateurs d’interagir avec les ordinateurs, les logiciels et les assistants personnels simplement en leur parlant. Le clavier ne disparaîtrait pas nécessairement, mais son utilisation pourrait diminuer au profit de commandes vocales.

Plutôt que de naviguer entre différentes applications, l’utilisateur pourrait exprimer directement son objectif : organiser un déplacement, rechercher une information ou préparer un document. Un assistant se chargerait alors de mobiliser les outils nécessaires pour accomplir la tâche. Cette évolution est également visible dans la programmation informatique, où les développeurs peuvent désormais confier certaines missions à des agents d’IA en formulant leurs instructions en langage naturel.

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À terme, la multiplication de ces assistants pourrait aussi réduire le besoin de consulter constamment un écran. Des écouteurs et d’autres appareils portables pourraient ainsi devenir des points d’accès privilégiés à ces services.

De Kyutai à Gradium : les origines du projet

Avant de fonder Gradium, Neil Zeghidour a participé, en 2023, à la création de Kyutai, un laboratoire de recherche en intelligence artificielle à but non lucratif, avec plusieurs associés. Financé à hauteur de 300 millions d’euros par Xavier Niel, Rodolphe Saadé et Éric Schmidt, le laboratoire a notamment développé Moshi, un modèle d’intelligence artificielle vocale.

Les travaux de recherche menés par l’équipe ont également contribué aux avancées du secteur de l’IA vocale et ont nourri les développements de plusieurs acteurs du domaine.

Initialement, Neil Zeghidour souhaitait se consacrer à la recherche, sans ambition commerciale immédiate. Mais les sollicitations d’entreprises, notamment dans les secteurs du jeu vidéo et du smartphone, désireuses d’exploiter commercialement ces technologies ont fait émerger une nouvelle perspective.

Gradium a ainsi été créé pour répondre à cette demande, avec Laurent Mazare, Olivier Teboul et Alexandre Défossez. Kyutai figure également parmi ses actionnaires.

« Il y avait clairement une opportunité commerciale, mais cela sortait de la mission de Kyutai », explique Neil Zeghidour, selon Maddyness.

Une IA vocale personnalisable et plus réactive

Alors que plusieurs acteurs, dont OpenAI avec ChatGPT, proposent déjà des fonctionnalités vocales, Gradium entend se distinguer par la souplesse de ses modèles et la qualité de l’interaction.

« Nous, on se met vraiment sur la production d’un modèle le plus agnostique possible », explique Neil Zeghidour dans le podcast de Matthieu Stefani.

Le chercheur estime que les solutions existantes présentent encore des limites, notamment en matière de naturel des voix et de fluidité des échanges. Gradium entend donc fournir aux développeurs des outils leur permettant de concevoir des assistants vocaux adaptés à différents usages.

« On fournit aux gens une brique pour créer des IA vocales avec n’importe quel accent, n’importe quel style, n’importe quel ton (…) On peut désigner la voix, on peut dire : “Je veux une femme de tel âge avec un accent québécois” », détaille-t-il.

Cette personnalisation peut répondre à des besoins aussi bien professionnels que récréatifs. Les développeurs peuvent notamment utiliser ces technologies pour créer des assistants destinés aux standards téléphoniques ou aux jeux vidéo.

La rapidité constitue un autre axe de différenciation mis en avant par le fondateur : Gradium annonce une latence de 50 millisecondes, un délai particulièrement court entre une sollicitation et la réponse du système.

L’objectif est de rendre la conversation plus fluide, sans imposer à l’utilisateur le rythme artificiel d’un échange avec un logiciel. La voix, l’intonation et la réactivité participent ainsi à l’expérience proposée.

Selon une publication LinkedIn de Matthieu Stefani, qui a interviewé le chercheur, les modèles de Gradium couvrent plusieurs fonctions : la transcription, la synthèse vocale et la traduction en temps réel.

NVIDIA rejoint les investisseurs de Gradium

Dans un communiqué publié sur son site le 8 juillet 2026, Gradium a annoncé avoir porté son financement à plus de 100 millions de dollars, avec l’arrivée de nouveaux investisseurs, dont le géant américain des puces électroniques et de l’IA NVIDIA. Cette annonce fait suite à une première levée de fonds de 60 millions de dollars au lancement de l’entreprise.

« Dépasser 100 millions de dollars de financement et développer nos investisseurs marque une étape importante pour Gradium. Cela nous permet d’accélérer notre feuille de route, d’étendre notre présence dans la région de la baie de San Francisco et d’apporter des années de recherche révolutionnaire sur les produits utilisés par les développeurs et les entreprises du monde entier », indique l’entreprise. L’incontournable de l’IA étend sa présence dans la Silicon Valley.

Lien permanent : https://tsadz.co/lljfd

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