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« Nous ne sommes pas les rédacteurs en chef de la presse algérienne » (Vidéo)

« Nous ne sommes pas les rédacteurs en chef de la presse algérienne » (Vidéo)

L’État ne se désengagera pas de son soutien à la presse. L’engagement a été réitéré par le ministre de la Communication, ce mardi matin sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale.

Djamel Kaouane a indiqué que le soutien direct et indirect qu’apporte actuellement l’État aux médias, notamment à la presse écrite, se poursuivra que ce soit par le biais de la publicité institutionnelle, la subvention des prix à l’impression ou autres moyens. « Il n’y aurait pas de presse aujourd’hui en Algérie sans le soutien de l’État », assène-t-il.

« Malgré la crise, malgré les difficultés, l’État ne se désengagera pas de son soutien à la presse algérienne (…) Les pouvoirs publics assumeront leurs responsabilités tant qu’il est vrai que sans ce soutien direct et indirect, aucun média ne pourrait survivre dans un marché très très difficile », rassure le ministre.

Kaouane parle de titres qui « n’ont jamais trouvé de lectorat » mais « qui sont peut-être nécessaires ». « En tout cas, ils sont là, et s’ils sont là, c’est grâce au soutien des pouvoirs publics».

La poursuite de ce soutien ne signifie pas que des journaux peuvent continuer à avoir pour vocation de « capter la publicité institutionnelle », tempère le ministre qui leur suggère de diversifier leurs sources de revenus notamment en s’adaptant aux mutations induites par l’évolution des nouvelles technologies de l’information.

« Les médias doivent aussi assumer une part de leurs responsabilités. Le marché publicitaire est en crise. Les chiffres d’affaires de certains grands annonceurs ont chuté de 60%. La crise est réelle. Une bonne partie des médias doit trouver ses propres ressources pour exister. Un journal ne doit pas avoir pour vocation, pour raison d’être, de capter la publicité institutionnelle », explique M. Kaouane qui estime que c’est « tout le modèle économique de la presse algérienne qui doit être revu ».

Pour rappel, le ministre avait révélé en octobre dernier que 60 titres de la presse écrite avaient mis la clé sous le paillasson à cause de cette crise. Ce matin, il n’a pas communiqué de nouveaux chiffres, se contentant d’émettre le souhait que d’autres journaux ne connaîtront pas le même sort.

« Nous n’exerçons aucune pression sur les médias »

Abordant la question de la liberté de la presse, M. Kaouane a affirmé que la presse ne subit aucune pression. « Je le dis en tant que ministre de la Communication, nous n’exerçons aucune pression sur les médias. Nous regardons avec une certaine bienveillance son évolution, y compris lorsqu’il y a des excès. Nous pensons qu’avec plus de professionnalisme la presse assumera son rôle éthique et responsable. Nous ne sommes pas les rédacteurs en chef de la presse algérienne ni des commissaires politiques. Notre rôle est très clair. Le président de la République veille scrupuleusement à la liberté d’expression et notre mission est de veiller à ce que le souci du président se traduise dans la réalité ».

Cela dit, le ministre appelle les journalistes à veiller à ce qu’il n’y ait plus d’abus, « malheureusement presque quotidiens ». « Vous ne pouvez pas, c’est la loi mais aussi une règle d’éthique fondamentale, toucher à la personne du président de la République comme vous ne pouvez pas toucher à un simple citoyen (…) j’espère que chaque stylo, chaque voix, chaque visage à la télévision prendra en compte cet aspect », souhaite-t-il.

Enfin, M. Kaouane a fait savoir que la loi sur la publicité ne figurait pas dans le plan d’action du gouvernement.

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