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Peste des petits ruminants : peut-on consommer la viande des animaux infectés ?

Peste des petits ruminants : peut-on consommer la viande des animaux infectés ?

Le ministère de l’Agriculture a, jusque-là, enregistré 2000 ovins décimés par la peste des petits ruminants à travers 13 wilayas du pays. Mais les vétérinaires s’inquiètent de la propagation de l’épidémie.

«Les informations approximatives déclarées par le ministère ne permettent pas d’évaluer avec précision le niveau de transmission virale pour pouvoir prévoir la couverture vaccinale nécessaire pour stopper la transmission de cette épidémie », déplore un vétérinaire.

Pour ce vétérinaire, « l’identification et la déclaration précises des foyers infectés sont essentielles pour en augmenter la probabilité de succès de l’éradication de la maladie ».

Selon le ministère de l’Agriculture, une quantité de vaccins a été fournie afin d’éradiquer le virus dans certaines wilayas et une autre quantité sera encore livrée, au cours de ce mois, pour mener la campagne de vaccination.

Le ministère a déclaré avoir « mobilisé un budget de 400 millions de dinars pour l’acquisition du vaccin contre la peste des petits ruminants ».

Les services vétérinaires entameront, durant ce mois de janvier, une campagne de vaccination du cheptel. Le ministère de l’Agriculture a aussi ordonné la fermeture des marchés de bétail pendant un mois et l’interdiction du transport des ovins sans autorisation des services de l’abattoir, pour protéger le cheptel contre la propagation de la fièvre aphteuse et de la peste des petits ruminants.

« Devant une telle situation, la riposte doit être immédiate et urgente pour l’éradication de la maladie », affirme ce vétérinaire. « La stratégie de contrôle de la peste des petits ruminants doit reposer sur des campagnes de vaccination massives. Cependant, bien que le vaccin existant immunise les animaux tout au long de leur vie, de telles campagnes sont très compliquées à mettre en place d’un point de vue logistique. Le cheptel ovin algérien est estimé à 22 millions de têtes. C’est énorme ! Vacciner 22 millions d’ovins est très difficile d’autant plus que l’élevage ovin se pratique surtout dans les zones steppiques qui concentrent 70% du cheptel. Ce sont des zones très vastes, éparses et très isolées. Les systèmes de production pastorale agissent comme réservoirs du virus à partir desquels il peut se propager », explique ce vétérinaire, en jugeant indispensable “d’adapter les stratégies de vaccination aux contextes locaux ».

« Après la vaccination, il faut aussi lancer des campagnes de suivi sérologique pour confirmer la qualité du vaccin utilisé et l’efficacité de la campagne de vaccination par les services vétérinaires, ce qui ne se fait pas malheureusement en Algérie », poursuit-il.

Et d’ajouter : « Les efforts doivent être centrés sur la prévention : empêcher le virus d’entrer dans les wilayas jusque-là indemnes grâce à des mesures de quarantaine, de bonnes pratiques de biosécurité et la détection de l’épidémie par le dépistage rapide ».

« Il faut aussi contrôler les foyers quand ils apparaissent et enrayer leur propagation. L’autre urgence est de contrôler les déplacements d’animaux », conseille ce vétérinaire.

C’est la première fois que la maladie est officiellement reconnue et déclarée en Algérie qui rejoint ainsi la longue liste de 70 pays touchés par cette épidémie animale.

Cette infection virale hautement contagieuse touche actuellement près d’un milliard de moutons et de chèvres principalement en Afrique, et à un degré moindre au Moyen-Orient et en Asie.

Heureusement, selon les vétérinaires, les viandes bien cuites issues des ovins atteints par cette maladie, sont propres à la consommation car le virus de la peste des petits ruminants n’est pas dangereux pour l’Homme, à condition que la viande soit bien cuite.

Pour le moment, l’apparition de la peste des petits ruminants n’a pas encore impacté les prix de la viande ovine et caprine, a-t-on constaté sur les marchés de l’ouest du pays.

Les viandes ovine et caprine sont respectivement proposées à 1400 et 1100 dinars le kilo, soit leur niveau habituel. « Il faut agir vite en éradiquant l’épidémie car si la maladie se propage, elle peut causer des tensions sur le marché et surtout générer des pertes économiques énormes et menace particulièrement les moyens de subsistance des paysans les plus vulnérables », prévient notre vétérinaire.

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