
La polémique sur la place du français en Algérie prend de l’ampleur. À l’origine de cette controverse, la décision du ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Saadaoui, de remplacer le français par l’anglais en 3e année primaire et les critiques formulées par le pédagogue Ahmed Tessa.
Si les partis politiques, à l’exception du Parti des Travailleurs (PT), observent un silence sur la question, le débat s’anime sur les réseaux sociaux. L’ancien ministre du Commerce El Hachemi Djaaboub s’en est pris à Ahmed Tessa, qui a reproché au ministre de l’Éducation nationale de chercher à exclure le français du primaire. M. Tessa a répondu point par point aux accusations de M. Djaaboub et à celles de Mourad Benachenhou, également ancien ministre.
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Ahmed Tessa : « Je n’ai jamais demandé un visa à la France »
« Je vous mets au défi de me trouver un écrit – mes articles datent de 1989 – où j’ai porté atteinte à ces deux constantes (islam et arabité) de notre identité », a-t-il écrit sur Facebook, tout en défendant son droit à critiquer la « mauvaise qualité dont la langue arabe et l’éducation religieuse sont victimes ». « Il est de mon devoir d’alerter pour ajuster le tir et corriger ces dysfonctionnements et ces dérives pédagogiques », a-t-il dit.
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Pour les accusations de proximité de la France, Ahmed Tessa réplique : « C’est un pays où je n’ai pas mis les pieds depuis 1986. (…) Je n’ai jamais demandé de visa pour la France. Et le prix qui m’a été décerné à Paris, je n’y suis pas allé le recevoir. »
Pour ce qui est du patriotisme, Ahmed Tessa rappelle qu’il a cinq oncles martyrs de la Révolution, tombés les armes à la main contre l’armée coloniale : « Que les lecteurs m’excusent d’aller sur ce terrain. »
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« Pour l’usage du français, vous êtes tous les deux de parfaits francophones bilingues et nul n’a le droit de vous traiter d’agent de la France pour cela », a-t-il ajouté à l’adresse des deux anciens ministres.
Ahmed Tessa ajoute qu’il a fait l’objet de « menaces même pas voilées » après ses prises de position sur la place des langues étrangères en Algérie et les critiques des deux anciens ministres.