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Plan Trump pour Gaza : le vote de l’Algérie suscite la controverse

Le vote par l’Algérie en faveur du plan Trump pour Gaza suscite une polémique, entre ceux qui critiquent cette position, et ceux qui la soutiennent.

Plan Trump pour Gaza : le vote de l’Algérie suscite la controverse
La position de l’Algérie concernant le plan de paix du président américain Donald Trump pour Gaza a suscité la controverse / Par luzitanija / Adobe Stock pour TSA
Karim Kebir
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Jamais peut-être dans l’histoire de la diplomatie algérienne une position n’a suscité autant de commentaires, voire une véritable polémique, que celle exprimée lundi dernier par l’Algérie concernant le plan de paix du président américain Donald Trump pour Gaza.

En adoptant la résolution qui prévoit de mettre fin à la guerre et le déploiement d’une force internationale dans l’enclave palestinienne-résolution d’ailleurs approuvée par de nombreux pays musulmans, à l’instar de la Turquie, du Qatar, de l’Égypte de l’Indonésie ou encore du Pakistan, la diplomatie algérienne, d’ordinaire peu ou prou critiquée, a provoqué une tempête sur les réseaux sociaux.

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Militants, intellectuels, activistes, journalistes ou simples citoyens : tous ont commenté ce vote, perçu par certains comme contraire « à la doctrine de notre diplomatie » et à la « position de principe » concernant la cause palestinienne.

Adopté par 13 voix pour deux abstentions, le plan américain, rejeté par le Hamas, prévoit plusieurs mesures, dont la création d’un « Conseil de paix » pour coordonner les efforts de reconstruction et d’une « force internationale de stabilisation », et la reprise complète de l’aide humanitaire à Gaza.

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Des réactions virulentes

Pour l’ex-président du MSP, Abderrazak Makri, la résolution du Conseil de sécurité, « saluée par les sionistes et rejetée par la résistance, est une résolution destinée à liquider la cause palestinienne. C’est un cadeau pour l’occupation ».

Selon lui, les pays arabes ont démontré leur « dépendance totale » envers les États-Unis et leur « opposition » au droit du peuple palestinien à la lutte armée pour libérer sa patrie, comme le stipule le droit international, au « point qu’ils ont eux-mêmes demandé » à la Russie et à la Chine de s’abstenir d’utiliser leur droit de veto.

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Sans critiquer frontalement la position officielle de l’Algérie, le Parti des Travailleurs (PT) affirme, pour sa part, qu’il « joint sa voix à celle du peuple palestinien et à celles des femmes et hommes libres du monde entier qui rejettent cette résolution », et qu’il reste convaincu que « le peuple palestinien, soutenu par tous les peuples de la planète, ne se soumettra pas à ce projet impérialiste tel qu’imposé par Trump ».

Les explications d’Ahmed Attaf

Face à l’ampleur de la polémique, le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a profité d’une conférence de presse mardi pour expliquer la position algérienne.

« Si l’Algérie a voté pour cette résolution, c’est parce que la priorité des priorités en ce moment, c’est la consolidation du cessez-le-feu dans l’enclave palestinienne et aussi parce qu’il s’agit de l’avis de tout le monde arabe et musulman, à commencer par les Palestiniens eux-mêmes », a-t-il dit.

Ahmed Attaf a ajouté que « l’Algérie ne pouvait pas se désolidariser de la position de ses frères palestiniens et du consensus arabo-islamique qui soutient le projet de résolution. L’Algérie ne peut adopter une position contraire à ses propres convictions ».

« L’Algérie a voté en faveur de cette résolution, sur la base d’un ensemble de considérations objectives liées, premièrement, aux objectifs de fond de cette résolution, deuxièmement à ses arrière-plans, et troisièmement aux positions des principaux acteurs régionaux à son égard », a-t-il argumenté.

En soirée, l’agence officielle APS a publié un commentaire au ton très ferme dénonçant une tentative d’instrumentalisation du vote de l’Algérie.

« Nous sommes, sans aucun doute, face à une tentative exécrable d’instrumentaliser la politique extérieure du pays au service de calculs politiciens étriqués. Nous sommes également face à une manœuvre désespérée visant à exploiter une question qui relève des priorités fondamentales de la politique extérieure de notre pays, dans l’espoir d’en tirer des gains qui n’ont aucun lien, de près ou de loin, avec l’intérêt national », a fustigé l’APS.

Selon elle, « les parties derrière de telles sorties doivent comprendre pleinement que les agendas politiques et partisans n’ont aucune place dans la politique extérieure et que l’État national fort ne permettra jamais que sa décision souveraine en matière de politique extérieure soit transformée en outil de marchandages politiques ou partisans, étroits dans leur portée comme dans leur vision ».

L’APS affirme que « nul ne saurait s’élever au-dessus de la Constitution et nulle source ne peut définir notre politique étrangère en dehors de sa source constitutionnelle ». Elle rappelle aussi que les « tragédies des années 1990 font partie définitivement du passé ».

Soutien des partis de la majorité

Contrairement aux voix critiques, les partis de la majorité, toujours alignés sur la politique gouvernementale, ont sans surprise salué la démarche diplomatique des autorités.

Dans un communiqué rendu public, le FLN a salué les efforts de l’Algérie au Conseil de sécurité, en mettant en avant un amendement « d’une extrême importance » introduit par l’Algérie.

Il affirme que le vote intervient « en cohérence avec les positions constantes de l’Algérie et en soutien à la cause palestinienne ». Pour lui, l’objectif final est de : « créer des conditions favorables au lancement d’un processus politique sérieux pour mettre fin au conflit et recouvrer les droits légitimes du peuple palestinien, dont le droit d’établir son État indépendant avec Al-Qods comme capitale ».

Le FLN rappelle que la résolution adoptée « bénéficie d’un soutien palestinien, arabe et islamique, et ne porte pas atteinte aux fondamentaux d’une solution juste, durable et définitive au conflit, conformément aux résolutions de la légalité internationale ».

De son côté, le RND estime que le vote de l’Algérie « reflète sa position constante en faveur de la cause palestinienne ». Il se dit « vivement étonné » face à ce qu’il qualifie de « campagne systématique visant à remettre en cause le rôle pionnier de l’Algérie dans la défense de la cause palestinienne juste et son engagement national inébranlable en faveur des droits légitimes du peuple palestinien frère ».

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