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Pomme de terre : les raisons de la colère des agriculteurs

Pomme de terre : les raisons de la colère des agriculteurs

La production de la pomme de terre d’arrière-saison a dépassé les prévisions d’environ 20%. Conséquence : les prix ont fortement baissé, infligeant des pertes financières aux agriculteurs. Certains d’entre eux ont organisé, ces dernières 48 heures, des opérations coup-de-poing afin d’alerter les pouvoirs publics sur leur situation. A Bouira et Ain Defla, des agriculteurs mécontents ont fermé des axes de l’autoroute Est-Ouest pour protester contre les pertes subies et réclamer des indemnisations de l’Etat.

Cependant, la situation serait conjoncturelle et ne durerait pas longtemps. Du moins c’est ce qu’affirme, Tahar Fissah, en charge du volet pomme de terre à l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (ANCA), interrogé par TSA. Cet agriculteur de Khemis El Khechna (Boumerdès) minimise l’ampleur du surplus de production du tubercule enregistré cette saison et prévoit même un « retour à la normale » d’ici les mois de mars-avril prochain avec un prix du kilogramme de pomme de terre qui varierait entre 60 et 70 DA.

Les conditions climatiques ont été très favorables et ont agi sur le rendement qui a dépassé de 20% les prévisions, selon Hassan Guedmani, président du Conseil interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT). « Les estimations tournaient autour de 1,5 million de tonnes alors que la production effective a été de 2 millions de tonnes. Certaines régions ont connu des précipitations pluviométriques régulières tandis qu’à El Oued, les surfaces de production ont été augmentées », précise-t-il, assurant que « des mesures ont été prises pour aider les producteurs et faire en sorte que le produit ne se détériore pas ».

20 000 tonnes stockées en un mois

M. Guedmani évoque la problématique de la distribution et la multiplication du nombre d’intermédiaires. « La marge des intermédiaires varie entre 20 et 30 DA sur le kilogramme alors que le producteur ne gagne que 5 à 10 DA. Des consultations vont être lancées par le Conseil interprofessionnel de la pomme de terre en vue de remédier à cette situation avec l’ensemble des intervenants », indique-t-il, proposant en outre d’augmenter les capacités de stockage : « En plus des moyens mis par l’Etat, le Conseil suggère d’aider les producteurs via des prêts bancaires à installer sur les lieux de production des chambres froides d’une capacité de 1 000 tonnes pour éviter ce genre de situation à l’avenir. »

De leur côté, les pouvoirs publics, et dans le but d’absorber le surplus, ont entrepris de mettre à la disposition des agriculteurs les chambres froides de l’entreprise publique, Entrepôts frigorifiques de la Méditerranée (Frigomedit) à titre gracieux. L’opération, lancée il y a un mois, aurait permis « d’absorber au moins 20 000 tonnes », au niveau de plusieurs wilayas, comme Bouira, Ain Defla et El Oued, a déclaré, lundi 20 janvier, le secrétaire général du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, Hamid Hamdani.

« Nous avons aussi des opérateurs des régions du Nord qui se rendent à El Oued pour acheter des quantités de pomme de terre en surplus entre 25 et 35 DA/Kg pour ensuite les stocker », relève pour sa part le président du CNIPT.

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