
Ségolène Royal est de retour à la compétition politique en France. La finaliste de la présidentielle de 2007 est candidate à l’investiture socialiste lors de la primaire prévue le 9 octobre prochain. À un mois de ce rendez-vous crucial pour la gauche, elle lance un appel à la mobilisation.
« Je vous attends, venez. Inscrivez-vous pour recevoir le lien sur votre mail pour soutenir une France aimée, le 9 octobre en votant sur votre téléphone ou ordinateur », a lancé Mme Royal, mercredi 9 septembre, sur ses réseaux sociaux.
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L’ancienne ministre s’est distinguée ces derniers mois par son action pour une relation apaisée avec l’Algérie et des positions tranchées sur de nombreuses questions comme le voile, le pouvoir d’achat, les prix des carburants, la politique étrangère de la France en Afrique notamment, les agressions sexuelles contre les femmes…Son cheval de bataille : l’ordre juste.
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Ségolène Royal veut « redonner à la France la confiance en son avenir«
« L’ordre juste, la paix sociale, la paix économique : je veux rassurer les Français et redonner à notre pays la confiance en son avenir », résume-t-elle.
« Nous pouvons ensemble construire un ordre juste et une France en paix pour redonner un désir d’avenir aux jeunes générations, qui se demandent quand et comment le déclin va s’arrêter pour remonter la pente », soutient la candidate à la primaire socialiste.
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Protéger, apaiser et agir pour redonner à notre pays la confiance en son avenir.
Nous pouvons ensemble construire un ordre juste et une France en paix pour redonner un désir d’avenir aux jeunes générations, qui se demandent quand et comment le déclin va s’arrêter pour remonter la… pic.twitter.com/wlTDCmwHLz— Ségolène Royal (@RoyalSegolene) September 9, 2026
Les favoris du vote sont Raphaël Glucksmann et Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste. Ségolène Royal est néanmoins présentée comme étant capable de créer la surprise par son aptitude à mobiliser. Sentant le danger, l’extrême droite a actionné ses relais médiatiques pour s’attaquer à l’ancienne ministre de l’Écologie, l’accusant d’être proche ou la candidate d’Alger. « Le Pape qui a visité l’Algérie est-il lui aussi soumis ? », a-t-elle répondu à ceux qui utilisent la relation franco-algérienne comme instrument électoral afin de séduire des électeurs revanchards et nostalgiques de l’Algérie française.
Après son échec au deuxième tour de la présidentielle de 2007, Mme Royal a tenté de faire partie de la course à celle de 2011, mais elle a été battue en primaire, remportée par François Hollande qui gagnera aussi la présidentielle de 2012.
On croyait sa carrière politique finie après sa dernière fonction comme ambassadrice à l’Arctique et l’Antarctique entre 2017 et 2020 et la COP21 qu’elle a présidée en 2021. Mais Ségolène Royal est revenue sur la scène publique à 72 ans, en décembre 2025, par la porte de l’Association Algérie – France (AFA) qu’elle préside depuis.
Ségolène Royal prône le rassemblement face à l’extrême droite
En juillet dernier, elle a annoncé sa candidature à la primaire socialiste. Dans ses différentes sorties publiques, elle a expliqué qu’elle répond ainsi à la volonté des Français, nombreux, selon elle, à solliciter son retour.
“J’ai décidé de participer à la primaire après de nombreux échanges avec des gens rencontrés, des élus, des citoyens actifs dans des associations, des entreprises”, a-t-elle écrit à l’annonce de sa candidature.
Elle n’a pas caché aussi qu’elle est de retour pour contribuer à faire barrage à la montée inexorable de l’extrême droite en France. Lorsqu’elle a déclaré sa candidature à la primaire, Marine Le Pen, cheffe de file du Rassemblement national (RN), était déjà donnée gagnante dans tous les cas de figure à la présidentielle du printemps 2027.
“L’extrême droite, aux portes du pouvoir : comment pourrais-je ne rien faire face à l’hypothèse selon laquelle la première femme de l’histoire de France qui accéderait à la présidence en serait issue ?”, a-t-elle expliqué.
Le contexte est également celui du recul du Parti socialiste et de la division de la gauche. Ségolène Royal a l’aura d’une personnalité qui rassemble et ni son parcours ni ses positions ne la démentent.
Algérie, le voile : Ségolène Royal se démarque par son ton apaisé
Les observateurs relèvent la constance de son discours et ses adversaires à la primaire socialiste la prennent très au sérieux. Son programme est articulé autour d’une idée à la fois simple et profonde, celle d’ “un ordre juste dans tous les domaines”, pour “redonner du pouvoir d’achat, relancer l’activité économique sans détruire les protections sociales et en luttant contre la vie chère”, pour “l’éducation, la santé, la sécurité quotidienne”.
L’ancienne ministre de l’Écologie est de ceux qui croient que les défis, économiques, climatiques et géostratégiques qui se posent à la France, sont suffisamment cruciaux pour se laisser distraire par des futilités, comme le débat interminable sur le foulard islamique. La semaine passée, elle a livré une véritable leçon politique sur BFMTV en balayant presque les questions insistantes sur le voile.
“Il y a une hiérarchie des priorités, je ne vais plus commenter cette histoire”, a-t-elle asséné, en affirmant qu’elle ne fera la « chasse au foulard » en réponse au projet du RN de sanctionner par une amende le port du voile islamique dans l’espace public.
Concernant l’Algérie, qu’une grande partie de la classe politique instrumentalise à outrance comme ascenseur électoral, la socialiste prône une relation d’État à État basée sur le respect mutuel et l’intérêt réciproque.