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Quand les valises parlent : la poétesse Alima Abdhat dévoile un recueil vibrant

La poétesse Alima Abdhat a présenté samedi à Alger son nouveau recueil de poésie « Ma main est poignée de valise » à la librairie Anep.

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La poétesse Alima Abdhat dévoile un recueil vibrant / DR
Kenza Adil
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La librairie Chaib Dzaïr de l’Anep à Alger a abrité samedi, une rencontre littéraire avec la poétesse Alima Abdhat qui a présenté son tout nouveau recueil de poésie : « Ma main est poignée de valise ».

La rencontre a été modérée par Hassen Gherab, conseiller pour l’édition à l’Anep.

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« Alima Abdhat est une artisane du verbe. Les poètes sont les esclavagistes des mots. La poésie c’est comme le cristal dans la verrerie et le diamant pour la joaillerie », a dit Hassen Gherab, en préambule.

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Avant de présenter son nouveau livre, Alima Abdhat a évoqué les trois phases émotionnelles dans la création de la poésie : « L’étape de l’écriture, période tumultueuse ; la recherche d’un éditeur, une espèce de harga littéraire ou en trouver un s’apparente à un jackpot, et enfin la rencontre avec les lecteurs ».

La poétesse s’est ensuite exprimée sur le choix de la couverture de son recueil de poésie. « Je voulais innover en changeant un peu des habituelles toiles d’artistes peintres. La couverture de mon livre ressemble à une affiche de cinéma. On y voit une femme tenant une valise. Son visage n’a pas de yeux, son regard est donc tourné vers l’intérieur pour suggérer une approche introspective », détaille-t-elle. Cette création visuelle, pleine de couleurs vives, a été aidée par l’intelligence artificielle, a-t-elle précisé.

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La valise, fil conducteur

L’invitée de la librairie Chaib Dzaïr a expliqué le choix de la valise comme fil conducteur dans ses poèmes, en vers ou en prose.

« Le titre : « Ma main est poignée de valise » peut intriguer, pourtant tout part d’un constat simple : nous vivons entourés d’objets du quotidien que nous considérons comme des choses mortes mais qui ont une âme, en réalité. La valise en fait partie. C’est un témoin privilégié de nos vies. Elle nous accompagne lors de nos voyages réels ou rêvés.  Nos valises sont nos meilleurs biographes, pour peu qu’on leur donne la parole », explique-t-elle.

La poétesse a signalé que son ouvrage comportait des textes en hommage aux Palestiniens, Africains et aux ‘porteurs de valises’ durant la Guerre d’indépendance.  « Je ne pouvais pas écrire un livre sur les valises sans les citer », a-t-elle confié.

Le public a été ensuite invité à lire des extraits du recueil. Dans la librairie, des journalistes et poètes se sont prêtés au jeu de la lecture des textes à voix haute.

Hommage aux Palestiniens qui n’ont droit qu’à des ballots dans Keffierrants (association de keffieh et d’errant) : « Sur les routes exil, il grêle balles et bombes. Des ballots tombent de mains arrachées se mêlent aux débris de chairs d’os et de plombs ».

« Valises de l’Histoire » est un clin d’œil aux porteurs de valise durant la guerre de libération « Francis, Jean, Claude, Colette, Alice, Anne, Robert, Serge, Henri… Une histoire de valises, trop souvent oubliée dans les doubles-fonds de l’Histoire ».

Bagages de harragas

Dans ce nouveau recueil, Alima Abdhat alterne prose et poésie. Un texte fort intitulé ‘Bagages égarés de harragas’ a retenu l’attention du public. La poétesse prendra le temps de le lire. C’est l’histoire d’une femme qui bronze tranquillement sur une plage et qui assiste soudain à un horrible spectacle : la mer rejette un ballot éventré, contenant des objets de deux ‘brûleuses de mer’, Badra et sa petite fille Normillah.

Autre texte poignant, lu par la poétesse, « Le dernier bagage », extrait d’une courte nouvelle. Il évoque la tristesse d’une femme qui assiste aux funérailles de sa mère et qui s’interroge ce que celle-ci emporte dans sa valise virtuelle vers l’au- delà, et surtout ce qu’elle emporte d’elle, sa fille.

 « Elle parvient au seuil de la chambre funéraire ; le blanc immaculé du linceul lui sauta aux yeux en flash aveuglant. Un être cher s’évapore, et voilà ce qu’il en ‘reste’ : une dépouille soudain vidée de vie, sans âme ».

« Ma main est poignée de valise », un recueil de 105 textes poétiques. L’ouvrage est divisé en quatre parties : Valises à défaire, valise à faire, valises à refaire, valises de fleurs du mal à aimer. La préface de l’ouvrage est signée Arezki Metref. Cette rencontre littéraire a été suivie d’une vente dédicace.

Alima Abdhat est enseignante à l’université d’Alger. Elle a publié trois recueils de poésie : Telle une chair tatouée (2023), Puisque tu es la mer (2021), Colères, qu’êtes-vous-devenues (2019).

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