
Quand Rachida Brakni prend la parole sur le racisme en France, c’est pour faire entendre un cri de colère.
Dans le contexte de la montée de l’extrême-droite, de la banalisation du racisme et du passage à l’acte de certains extrémistes, l’actrice d’origine algérienne a pris la parole. Ses mots pour dénoncer la stigmatisation et l’essentialisation sont forts.
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Rachida Brakni : « Les musulmans de France désignés comme l’ennemi de l’intérieur »
Celle qui est l’épouse de l’ancien footballeur Éric Cantona s’est exprimée dans le magazine Télérama. Alors que certains médias et politiques sont désignés comme étant les véritables responsables de la violence extrémiste, comme l’attentat de Trappes de vendredi 23 octobre, Rachida Brakni dénonce une « obsession distillée en continu sur les chaînes d’infos » qui désignent les musulmans de France comme « l’ennemi de l’intérieur ». Cela finit par devenir, pour beaucoup, « une vérité », à force d’entendre de tels propos.
Si Rachida Brakni monte régulièrement au créneau pour dénoncer le racisme, c’est aussi parce que l’essentialisation transcende les générations et semble interminable pour elle et pour tous ceux qui ont des origines étrangères, particulièrement musulmanes et africaines.
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« Quand va-t-on enfin nous considérer comme des Français à part entière ? »
« Jusqu’à la combientième génération va-t-on conserver le suffixe ‘d’origine’ ? Et quand va-t-on enfin considérer que nous sommes des Français à part entière ? », s’écrie-t-elle, dénonçant que les Maghrébins de France soient vus par certains comme « des citoyens de seconde zone, comme au temps de la colonisation ».
Pour décrire son ressenti dans la France d’aujourd’hui, elle utilise une métaphore très forte, évoquant un « enfant de parent maltraitant », qui s’y « accroche désespérément », mais qui constate que « d’un point de vue psychique, c’est ravageur ».
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« La société doit faire ce travail de mémoire pour que l’on puisse avancer tous ensemble », dit-elle à propos du lourd héritage de la guerre d’Algérie.
La comédienne a sorti l’été dernier son premier roman, « La part absente », et a entamé en ce début novembre la tournée de la pièce « Médée/s ». Sa dénonciation du racisme est un vieil engagement, né dans sa condition d’enfant immigré algérien.
Un engagement né dans le comportement de l’administration avec son père analphabète
En juin 2022, elle a raconté à Mme Figaro avoir vite développé un rapport aigu à l’injustice en voyant le comportement de l’administration à l’égard de son père analphabète.
Comme elle n’entendait pas chez les politiques ce qu’elle attendait, elle a envisagé de devenir avocate, estimant que « le droit est un rempart ». Elle a finalement opté pour une carrière artistique. Ce qui ne lui a pas fait perdre de vue son engagement. Au contraire, elle a fait de sa visibilité un outil pour donner un meilleur retentissement à son combat contre le racisme.
Femme de caractère, elle a refusé en juillet dernier la Légion d’honneur qui lui était attribuée par l’Élysée, expliquant que son honneur à elle « se situait ailleurs ».