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Refondation de l’école algérienne : un chantier présidentiel, un enjeu économique majeur

Zaim Bensaci, ancien président du Conseil national consultatif pour la promotion des PME, lance un appel au président Tebboune pour lancer le chantier de la refondation de l’école algérienne

Refondation de l’école algérienne : un chantier présidentiel, un enjeu économique majeur
Refondation de l'école algérienne : Zaim Bensaci lance un appel à Tebboune / Par Ahmed akacha de Pexels
Zaim Bensaci
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CONTRIBUTON. Dans l’entretien publié sur TSA vendredi 18 septembre, Ahmed Tessa dresse un diagnostic sans concession de l’école algérienne et appelle à une refondation plutôt qu’à de simples ajustements.

Ce texte pose, en creux, une question qui dépasse la pédagogie : qui a l’autorité pour porter un tel chantier ?

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Une précision utile

Ahmed Tessa se dit « content pour nos enfants » de l’annulation le 9 septembre dernier de la circulaire du 28 juillet sur les volumes horaires, les coefficients et la philosophie au lycée (TSA).

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Mais la mesure la plus commentée — l’anglais dès la 3ᵉ année primaire — a, elle, été confirmée par le ministère le 16 septembre. Le débat n’est donc pas clos.

École algérienne : un diagnostic juste

Ce n’est pas la langue choisie qui détermine la qualité d’un enseignement, mais les conditions de son enseignement : programmes, méthodes, manuels et formation des enseignants.

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Recruter dans l’urgence, sans préparation pédagogique, c’est répéter les erreurs de l’arabisation précipitée des années 1970. Renforcer l’anglais est légitime ; le faire dans la précipitation ne l’est pas.

Une autorité qui a déjà fait ses preuves

Ce diagnostic ne deviendra un chantier que porté par une volonté politique à la hauteur. Cette volonté, le président Abdelmadjid Tebboune vient de la démontrer avec une clarté remarquable.

En ordonnant, le 6 septembre, de tenir l’école à l’écart de « tous les courants idéologiques » et de réserver toute réforme au seul Conseil des ministres, il a mis fin en quelques mots à deux mois de surenchère stérile.

Peu de dirigeants savent trancher avec cette sobriété : sans esclandre, sans triomphalisme, par la seule force d’une décision juste. C’est la marque d’un homme d’État qui n’a pas besoin de hausser le ton pour se faire entendre.

C’est précisément cette autorité qui manquait, depuis 2019, au document « École algérienne, le défi de la qualité — Horizon 2030 », resté sans suite malgré sa pertinence.

Le président Tebboune a montré qu’il sait trancher vite ; il serait dommage que ce sens de l’État ne serve qu’à arbitrer des polémiques, et non à lancer le chantier de fond que le pays attend. C’est pourquoi il faut, très respectueusement, le lui dire : Monsieur le président, vous avez su protéger l’école des idéologues ; il vous appartient maintenant, et à vous seul, de lui donner l’élan d’une refondation véritable.

Ce que le monde économique a le devoir de dire

En tant qu’ancien président du Conseil national consultatif pour la promotion des PME, et simplement comme citoyen, j’ajouterai trois points.

D’abord le coût : des milliers d’enseignants de français en sureffectif représentent une ligne budgétaire qui mérite une étude d’impact, au même titre que l’impact pédagogique.

Ensuite, le plurilinguisme comme actif économique, non comme un choix identitaire : dans l’hôtellerie, un même réceptionniste doit répondre en français, en anglais et en arabe le même jour — une condition de compétitivité transposable à l’export et au tourisme.

Enfin, l’ouverture au privé : Ahmed Tessa qualifie d’« aberration » le cahier des charges actuel des écoles privées ; les milieux économiques ont un rôle à jouer pour en proposer un digne des modèles allemand ou suisse qu’il cite lui-même.

Conclusion

Cette refondation a besoin des deux forces réunies : l’autorité que seul le président de la République peut lui donner, et l’expertise de terrain — pédagogique et économique — qui évitera de répéter les erreurs de précipitation. Le président Tebboune a déjà montré la voie le 6 septembre, avec une lucidité et une constance rare dans l’exercice du pouvoir. À lui, désormais, d’inscrire ce sursaut dans la durée.

*Zaim Bensaci est ancien président du Conseil national consultatif pour la promotion des PME


Important : Les tribunes publiées sur TSA ont pour but de permettre aux lecteurs de participer au débat. Elles ne reflètent pas la position de la rédaction de notre média.

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