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Saad Hariri est-il pris en otage en Arabie saoudite ?

Mais où est donc passé Saad Hariri, le Premier ministre libanais démissionnaire ? Après avoir quitté précipitamment le Liban, le président du parti Courant du futur s’est dirigé en Arabie Saoudite d’où il a annoncé sa démission. «J’annonce ma démission du poste de Premier ministre», a déclaré Saad Hariri dans une déclaration retransmise par la chaîne satellitaire Al-Arabiya à capitaux saoudiens. Au moment de la diffusion de cette annonce, Hariri se trouvait à Riyad et non à Beyrouth.

Depuis, il a été reçu par le roi d’Arabie Saoudite. Hariri a publié une photo de l’audience sur son compte Twitter. Il s’est déplacé ensuite à Abu Dhabi où il a eu des discussions avec le prince héritier Mohammed Bin Zayed.

Reuters a rapporté que l’homme politique libanais s’est déplacé à Bahreïn alors que d’autres médias ont rapporté qu’il est revenu à Ryad. Hariri, qui possède également la nationalité saoudienne, n’a pas regagné le Liban depuis l’annonce de sa démission.

Le journal libanais Al Akhbar a titré en Une, ce mercredi 8 novembre : « Faites revenir Saad Hariri à Beyrouth maintenant ! ». «Cette demande doit être une priorité loin de tout débat sur la position réelle de Saad Hariri sur la crise actuelle et de tout conflit sur les grandes priorités nationales. C’est un devoir même à partir d’une posture d’adversité politique et à partir de la conviction que Hariri, en tant qu’otage, pourrait être soumis à des conditions du Royaume de la répression et à des demandes du gouverneur fou de Ryad pour mener le Liban vers la guerre et la destruction », avertit Al Akhbar. Selon lui, Saad Hariri est en résidence surveillée en Arabie Saoudite.

Menaces saoudiennes

Le ministre saoudien en charge du dossier libanais Thamer Al Sabhan a déclaré que son pays n’a pas fait « pression » pour obliger Saad Hariri à démissionner. Mais, selon Al Jazeera, Al Sabhan aurait menacé les libanais à choisir « entre la paix ou se joindre au Hezbollah » en avertissant sur « les graves conséquences d’une telle décision ».

L’analyste politique et journaliste libanais Fayçal Abdelsatar s’est interrogé : « mais que veut donc l’Arabie Saoudite d’une telle décision ? Existe-t-il un accord entre les Etats-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite pour créer un climat explosif au Liban et pour susciter une agression extérieure ? ».

Des médias libanais ont rapporté que le président Michal Aoun n’a même pas été informé de la démission de Saad Hariri de son poste par écrit ou par téléphone. Il aurait appris la nouvelle en regardant un enregistrement diffusé par la chaine saoudienne Al Arabiya.

Dans cette vidéo de 7’43 minutes, Hariri, assis dans son bureau, s’adresse aux libanais et parle de « la situation dramatique de la nation arabe » née des «interventions étrangères dans les affaires intérieures ».  Il accuse des « parties soutenues de l’extérieure » d’avoir semé la division entre le peuple libanais et d’avoir « crée un Etat dans l’Etat ».

Hariri s’en prend à l’Iran

« Je parle, sans aucun doute, à l’Iran qui dès qu’il s’installe dans un endroit, sème la discorde et la destruction. Il l’a déjà fait en Syrie, au Liban, en Irak, à Bahreïn et au Yémen. L’Iran est poussé par une profonde haine contre la nation arabe et par un fort désir de la détruire», a-t-il déclaré.

Il met à l’index certains arabes d’avoir prêté allégeance à Téhéran. « Ils veulent éloigner le Liban de son environnement arabe et international et de ce qu’il représente comme principes et valeurs. Je cible le Hezbollah, le bras iranien au Liban et dans les pays arabes. Le Hezbollah, qui prétend faire de la résistance, s’est imposé par les armes. Des armes orientées vers les poitrines de nos frères syriens, yéménites et libanais », a-t-il accusé.

Michel Aoun, qui a réuni des partis, des forces politiques et des responsables de sécurité, a appelé au calme en attendant le retour au pays de Saad Hariri qui doit « officialiser » sa décision de quitter son poste de premier ministre.  « Le président Aoun attend que l’occasion lui soit donnée, et j’insiste sur cette expression, de rencontrer Saad Hariri pour écouter sa version sur les conditions de cette démission », a déclaré Salim Jrisati, ministre de la Justice libanais. L’appel du président Aoun n’a toujours pas été entendu.

En attendant, la présidence libanaise a démenti des informations sur un projet d’attentat contre Saad Hariri. Aoun sera confronté à un autre problème : constituer un nouveau gouvernement avec un Premier ministre consensuel dans un pays encore fragile sur les plans politique et sécuritaire

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