
Dans son communiqué du 4 novembre 2026, publié à l’issue d’une séance de travail présidée par le roi Mohammed VI, le Cabinet royal marocain réaffirme « l’attachement ferme du Royaume au cessez-le-feu » au Sahara occidental, qualifié d’« engagement volontariste qui ne changera pas avec la fin du mandat de la mission des Nations Unies ».
Le communiqué reproche également à la MINURSO son incapacité répétée à surveiller le respect du cessez-le-feu et à établir les conséquences de ses violations.
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Cette déclaration appelle un rappel du cadre historique et juridique dans lequel s’inscrit cet engagement. Le cessez-le-feu du 6 septembre 1991 ne procède pas d’une initiative unilatérale du Maroc.
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Il découle du Plan de règlement ONU-OUA, accepté le 30 août 1988 par le Maroc et le Front Polisario. Ce dispositif a été approuvé par le Conseil de sécurité dans ses résolutions 658 (1990) du 27 juin 1990 et 690 (1991) du 29 avril 1991, cette dernière ayant institué la MINURSO.
Le Plan de règlement reposait sur deux engagements indissociables : l’instauration d’un cessez-le-feu et l’organisation d’un référendum d’autodétermination offrant au peuple sahraoui le choix entre l’indépendance et l’intégration au Maroc.
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Sahara occidental et l’après-MINURSO : pourquoi il faut se méfier de la posture de Rabat
Entré en vigueur le 6 septembre 1991, le cessez-le-feu constituait ainsi une composante d’un accord international dont la finalité politique demeure inexécutée.
La posture marocaine appelle d’autant plus de réserves que Rabat porte l’entière responsabilité de la rupture du cessez-le-feu en novembre 2020, à la suite de son intervention militaire à Guerguerat. Cette intervention a également violé les dispositions régissant le statut démilitarisé de la zone tampon.
L’Accord militaire n°1, conclu sous l’égide de la MINURSO en 1997 et 1998, interdit expressément, dans son article 3.1, l’entrée des personnels et des équipements militaires des deux parties dans cette bande, par voie terrestre ou aérienne.
En présentant aujourd’hui le maintien du cessez-le-feu comme un engagement volontariste, Rabat occulte cette réalité historique et juridique. Le respect du cessez-le-feu ne saurait être dissocié des engagements politiques et militaires qui ont présidé à son instauration. Il ne saurait davantage faire abstraction des événements de novembre 2020 et de leurs conséquences sur le dispositif initial.
Sahara occidental : ce que prépare le Maroc
La référence explicite à la fin du mandat de la MINURSO confère par ailleurs à la déclaration royale une portée prospective. Mohammed VI adresse ainsi un message sur l’après-MINURSO. Rabat entend présenter le maintien du cessez-le-feu comme relevant désormais de sa propre volonté, indépendamment de la présence d’un mécanisme onusien de surveillance.
Cette formulation semble préparer le terrain à une lecture unilatérale des éventuels accrochages avec le Front Polisario. Elle servira ainsi d’alibi préventif pour préparer l’opinion internationale à imputer au Front Polisario la responsabilité d’une éventuelle reprise des hostilités.
Une telle lecture permettrait simultanément d’occulter les responsabilités propres du Maroc, liées à son occupation du territoire et aux pratiques coercitives de son appareil répressif à l’encontre de la population sahraouie.