
Réunis le 24 juin dernier au sein du site de production de Schneider Electric à Sidi Rached, à Tipaza, des industriels, des experts et des partenaires technologiques ont échangé autour des enjeux de la transformation numérique des infrastructures électriques.
La rencontre, organisée par Schneider Electric en partenariat avec AVEVA, a mis en lumière le rôle croissant de la donnée, de l’intelligence artificielle et des logiciels industriels dans les secteurs de l’industrie, de l’eau, de l’énergie et des hydrocarbures.
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L’événement a aussi ouvert le débat sur des problématiques liées à la digitalisation des activités industrielles, à travers des démonstrations, des retours d’expérience et l’intervention d’experts venus d’Algérie, d’Europe et du Moyen-Orient. Les participants ont ainsi exploré les technologies qui façonnent les infrastructures de demain.
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Le potentiel algérien vu par Schneider Electric et AVEVA
Présente dans le pays depuis six décennies, la multinationale Schneider Electric entend consolider sa position sur un marché jugé particulièrement dynamique.
Dans des déclarations à TSA Algérie, Anouar Chara, directeur général de Schneider Electric Algérie et Tunisie, rappelle : « Nous avons 60 ans de présence en Algérie, et cela fait 25 ans que nous produisons localement ». « Nous avons l’une des bases installées les plus importantes en Afrique », a-t-il ajouté.
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L’entreprise dispose aujourd’hui de deux plateformes de production, à Sidi Rached et Sidi Bel Abbès, et emploie près de 200 collaborateurs. Elle s’appuie également sur un réseau de partenaires actifs dans plusieurs secteurs stratégiques, tels que l’énergie, l’industrie, les infrastructures et les services publics.
À ses côtés, AVEVA, groupe britannique considéré comme le spécialiste mondial des logiciels industriels, est venu présenter ses solutions d’analyse, de supervision et d’optimisation des opérations.
La complémentarité entre les deux groupes a d’ailleurs largement été mise en avant au cours de la rencontre. « Nous avons la partie hardware, qui regroupe les équipements. Quant à la partie software, c’est AVEVA, le leader mondial des logiciels industriels, qui s’en occupe », résume Anouar Chara.
De son côté, Khaled Salah, Président AVEVA Afrique, estime que le pays dispose de solides atouts pour accélérer sa transformation numérique. Il souligne à TSA : « En Algérie, cela est particulièrement pertinent : le pays dispose d’une base industrielle solide dans l’énergie, le gaz, la pétrochimie, l’électricité, l’eau et l’industrie manufacturière. »
Pour lui, « l’opportunité est maintenant d’utiliser le numérique et l’IA pour optimiser les actifs existants, améliorer la fiabilité, réduire l’intensité énergétique et transformer les données opérationnelles en performance mesurable ».
AVEVA affirme notamment accompagner des acteurs clés des secteurs de l’eau, des hydrocarbures, de l’agroalimentaire, des infrastructures et de l’industrie manufacturière dans leurs projets de transformation numérique.
La « data », nouveau moteur de la performance industrielle
S’il fallait retenir un thème central de cette rencontre, ce serait sans doute celui de la donnée. Les intervenants ont insisté, à plusieurs reprises, sur le rôle stratégique des datas collectées par les équipements industriels.
Cette idée, résumée par une citation du Dr J. Patrick Kennedy, fondateur d’OSIsoft, a été largement reprise durant les conférences : « Les données opérationnelles sont une ressource unique. Plus elles sont utilisées, et plus elles gagnent en valeur ».
Les spécialistes de Schneider Electric et d’AVEVA ont expliqué que, désormais, l’enjeu n’est plus seulement de collecter des données, mais de les transformer en outils d’aide à la décision.
« On peut collecter la data n’importe où, n’importe comment. Il faut surtout la traiter, la vulgariser, la simplifier pour les décideurs. Et nos logiciels apportent cette valeur ajoutée », explique Anouar Chara.
Pour AVEVA, l’enjeu dépasse la simple expérimentation des technologies numériques. « La question aujourd’hui n’est plus de savoir si les technologies numériques fonctionnent. La question est de savoir comment passer de pilotes isolés à un impact à grande échelle, reproductible, et c’est là le véritable prochain point d’inflexion pour l’Afrique », affirme Khaled Salah.
Les technologies présentées reposent sur l’intelligence artificielle, l’analyse avancée des données, les plateformes de supervision et les jumeaux numériques (digital twins).
Ces répliques virtuelles d’installations permettent de simuler des scénarios pour anticiper les défaillances et optimiser les opérations avant leur mise en œuvre sur le terrain.
Selon AVEVA, les secteurs de l’énergie, des centres de données, des mines, de l’industrie manufacturière et des infrastructures figurent aujourd’hui parmi les plus avancés dans l’adoption de l’IA et des technologies numériques en Algérie et, plus largement, en Afrique.
L’objectif affiché est donc de réduire les temps d’arrêt, d’améliorer la fiabilité des infrastructures et de renforcer la performance opérationnelle des sites industriels, des réseaux électriques, des stations de dessalement et des installations pétrolières et gazières.
La compétence humaine, pilier de la transition numérique
Si les logiciels et l’intelligence artificielle occupent une place croissante dans l’industrie, les intervenants ont insisté sur un autre facteur déterminant : les compétences humaines.
Pour Anouar Chara, la réussite de la transition numérique dépend avant tout de la capacité à former et à accompagner les talents locaux. « La compétence est importante. Les solutions et les softwares sont développés worldwide, mais il faut les adapter au contexte local, cela ne se fait pas sans compétence locale », appuie-t-il.
Le dirigeant a aussi souligné le « niveau de maturité des ingénieurs algériens », et l’intérêt grandissant des industriels pour ces technologies. Selon lui, l’Algérie se distingue par sa capacité à s’approprier rapidement les outils numériques qui profitent à l’industrie.
Schneider Electric affirme ainsi former près de 2.000 personnes par an à travers son centre de formation, en collaboration avec ses clients et ses partenaires, ainsi que des établissements d’enseignement supérieur.
Une vision partagée par AVEVA, pour qui le développement des compétences locales est l’une des conditions essentielles de la réussite de la transformation numérique.
Comme l’indique Khaled Salah, « l’Afrique ne peut pas faire évoluer sa transformation numérique uniquement par des modèles importés. Nous avons besoin de partenaires locaux, d’ingénieurs locaux et de capacités d’exécution locales ».
À ce titre, Schneider Electric accompagne la formation professionnelle avec quatre centres d’excellence en partenariat avec le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels. Une initiative qui facilite l’insertion des jeunes techniciens dans les métiers de l’énergie, de la digitalisation et de l’automatisation.
À l’issue de la rencontre, Anouar Chara, directeur général de Schneider Electric Algérie et Tunisie, a répondu à nos questions.
Concrètement, qu’est-ce que ces technologies changent pour les citoyens ?
Pour le citoyen, la continuité de service est très importante. Imaginons une coupure d’électricité dans un hôpital, une salle d’opération ou une salle de réanimation. Grâce aux solutions digitales, l’exploitant peut avoir une visibilité sur ses installations, savoir rapidement où se situe un problème et intervenir sans perdre de temps. Pour l’investisseur, c’est aussi un gain de productivité et une réduction des pertes financières.
L’Algérie dispose-t-elle de la maturité nécessaire pour développer ces technologies ?
Les ingénieurs algériens sont confrontés à ces problématiques au quotidien. À travers les étudiants que nous recevons en stage ou les ingénieurs de nos partenaires, nous constatons un niveau de maturité très élevé sur ces sujets.
Le marché algérien est un marché à forte valeur ajoutée, nous faisons même l’exception par rapport à d’autres pays africains sur la digitalisation.
Qu’est-ce qui peut accélérer la transformation numérique en Algérie ?
Investir dans le développement des compétences locales pour accompagner la transformation digitale.
Les logiciels ont besoin d’équipements capables de remonter la donnée, ce qui implique aussi un travail de modernisation des installations existantes. Les compétences sont la clé pour adapter ces technologies au contexte local et accompagner les besoins des industriels.