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Soufiane Djilali : « La reprise en main sécuritaire met en difficulté toute acceptation du dialogue »

Soufiane Djilali : « La reprise en main sécuritaire met en difficulté toute acceptation du dialogue »

Djillali Soufiane ne comprend pas la double attitude du pouvoir dans la gestion du hirak populaire et de la question des détenus d’opinion.

« Après ma discussion avec le président de la République, je n’ai pas senti qu’il y avait une manœuvre (…) Maintenant, il s’agit de savoir si le président a les moyens politiques d’aller jusqu’au bout de sa volonté affichée. Est-ce qu’il n’y a pas d’autres forces qui ont une volonté de dévoyer, de bloquer le processus ? », s’interroge le président de Jil Jadid, invité ce dimanche 19 janvier du forum du quotidien le Courrier d’Algérie.

« S’il y a un double jeu, il faut le dénoncer. Il y a eu d’abord des actes avec la libération de plusieurs dizaines de détenus, puis il y a eu une tentative de reprise en main sécuritaire, ce qui est totalement inapproprié et met en difficulté toute acceptation d’un dialogue sérieux », a-t-il ajouté.

A propos de la vague d’arrestations de manifestants vendredi dernier, le chef de Jil Jadid a souligné : « Il y a eu l’arrestation de gens qui manifestaient pacifiquement. Si c’est le cas, je condamne fermement ces emprisonnements, ce sont des manœuvres gravissimes qui sont en train de créer des tensions non seulement inutiles, mais contraires aux engagements du président de la République. S’il y a eu des innocents mis en prison, il faut immédiatement les relâcher, et s’il y a des charges contre eux pour des actes répréhensibles, il faut que cela soit clair et que chacun soit jugé par rapport à ses actes. »

Soufiane Djilali avait été vertement critiqué sur les réseaux sociaux pour avoir accepté de rencontrer le président Tebboune. Pour lui, il s’agit là de l’œuvre de la « fachosphère ». « Une partie de la fachosphère a dévoyé mes propos pour dire que j’ai condamné à l’avance des innocents, ce qui est absolument un non-sens. C’est une inversion des rôles, ce sont ces personnes-là qui ont besoin qu’il y ait des détenus pour entretenir un climat de tension », a-t-il rétorqué.

« Accepter le dialogue, c’est mécontenter une partie du hirak, c’est une évidence, on s’y attendait. Mais je reste persuadé qu’une grande partie des Algériens, ceux qui ont fait le gros du mouvement populaire, attendent aussi des solutions. C’est normal qu’il y ait des gens qui veulent aller jusqu’au bout, mais la classe politique doit interagir, elle ne peut pas se cacher derrière les pancartes des marcheurs, c’est beaucoup trop insuffisant. Si c’est les manifestants qui dictent la marche à suivre ça signifie que les partis politiques n’ont plus une raison d’être. Malheureusement, quelques voix qui ont les moyens d’avoir un peu plus de puissance que les autres, veulent imposer un seul sens aux événements qui se déroulent et plus que ça, se permettre de parler au nom du peuple et au nom du hirak. C’est une tentative de spoliation du mouvement populaire au profit de quelques personnages », a-t-il dénoncé.

« Ceux qui refusent de reconnaître la légalité du pouvoir, ont-ils les moyens physiques de renverser ce pouvoir ? Mais abandonner et rentrer chez soi, je ne crois pas que ce soit la solution. L’alternative c’est d’accepter d’aller se parler. Accepter de dialoguer ne signifie pas accepter l’issue du dialogue », a-t-il expliqué.

« La majorité de la classe politique est pour le dialogue mais, a-t-il déploré, la fachosphère est là pour terroriser les hommes politiques. Vous avez vu comment beaucoup se sont retirés parce qu’il y a quelques dizaines ou quelques centaines de gens hystérisés qui tapent sur tout (…) Un journaliste d’un grand quotidien a utilisé contre moi des propos racistes pour lesquels il devrait aller en prison. »

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