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Tests PCR pour la Covid-19 en Algérie : pénurie de kits et délais trop longs

Tests PCR pour la Covid-19 en Algérie : pénurie de kits et délais trop longs

En Algérie, les résultats des tests par PCR pour détecter la Covid-19 prennent de plus en plus de temps. Jusqu’à deux semaines de retard en raison du manque des kits de prélèvements et des réactifs.

Les professionnels de la santé, interrogés par TSA, tirent la sonnette d’alarme. « Depuis pratiquement une quinzaine de jours ou plus, l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) ne dispose plus de suffisamment de réactifs. Par conséquent, l’IPA a limité d’en fournir les autres laboratoires qui ont travaillé avec lui, notamment ceux des universités », affirme le Pr Mustapha Khiati, président de la Forem.

Résultat : des laboratoires ont arrêté de faire de la PCR. « Je citerai le Centre de recherche en biotechnologie (CRBT, sous tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique) de Constantine, les laboratoires de Batna et de Béjaia et de Chlef, etc., tous alimentés par l’IPA », énumère-t-il.

 « À quoi cela sert-il d’autoriser des centres de recherche et des universités à effectuer l’examen de la PCR mais qu’ensuite on ne les alimente pas en réactifs ? », s’interroge le président de la Forem. « Plus que ça, ces universités ne peuvent pas importer directement et sont obligées de passer par un tas de procédures réglementaires », ajoute Pr Khiati qui lance un appel au ministère de la Santé et au gouvernement afin de « lever le monopole d’importation des réactifs PCR ».

Selon Pr Khiati, le manque de réactifs entraîne des retards dans le retour des résultats des tests PCR. « L’IPA voyant que le stock des réactifs diminue, il n’en fournit pas aux autres et les 2 ou 3 centres IPA qui font des analyses se retrouvent débordés. Ce qui induit une surcharge et donc des retards », fait-il savoir.

Le président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), Dr Lyes Merabet, confirme lui aussi la pénurie des kits PCR et des réactifs. « On a disséminé les laboratoires agréés par l’IPA pour effectuer les examens PCR. Et pour faire ces examens, il faut avoir les kits de prélèvement et les réactifs nécessaires, et à ce niveau-là les moyens sont très limités », concède Dr Merabet.

« Jusqu’à 14 jours pour avoir les résultats de la PCR »

La pénurie engendre des retards dans le retour des résultats « qui peuvent aller jusqu’à deux semaines », selon Dr Merabet. « Pour ceux qui ont le privilège d’effectuer un test PCR, on est à une moyenne de 10 à 14 jours », illustre-t-il.

Le président du SNPSP signale qu’il y a une forte demande sur les tests PCR qu’on n’arrive pas à suivre. « Il y a un mois, on déplorait le fait que les résultats des tests PCR arrivaient avec un retard d’une semaine. Aujourd’hui, on a dépassé le délai de 10 jours comme moyenne », relève Dr Merabet.

Cette situation pose un problème d’efficacité, souligne Dr Merabet. « À quoi bon de faire des tests PCR si c’est pour avoir les résultats deux semaines après ? D’autant que les enquêtes épidémiologiques faites sur le terrain sont tributaires de ces résultats. Si on a un cas confirmé et on déclenche une enquête épidémiologique une ou deux semaines après, on n’est pas efficace », déplore-t-il.

« Aucun problème à Boufarik »          

Le chef du service des maladies infectieuses à l’EPH de Boufarik, Dr Mohamed Yousfi, se félicite que le problème de la disponibilité des kits PCR ne touche pas son établissement.

« Du point de vue kits, nous sommes à l’aise. Depuis le mois d’avril, nous n’avons aucun problème à Boufarik. Nous avons un nombre suffisant pour effectuer les prélèvements sans aucun problème», atteste Dr Yousfi.

En revanche, Dr Yousfi reconnaît que le problème se pose en termes de délais de réception des résultats de la PCR. En cause : une demande très importante en prélèvements et un IPA complètement submergé.

« Il y a beaucoup de prélèvements et les laboratoires décentralisés de l’IPA, dans les différentes wilayas, n’arrivent pas à assurer les quantités nécessaires. Si bien que des prélèvements de ces mêmes wilayas arrivent à l’IPA. Depuis pratiquement 20 jours, l’Institut Pasteur est pratiquement submergé de prélèvements au point que les résultats reviennent après 10 jours », souligne Dr Yousfi.

Pour l’EPH Boufarik, les résultats de la PCR « n’arrivent pas avant une semaine », relève-t-il, mettant ce retard sur le compte de la surcharge à l’IPA, qui est due, selon lui, aux nombreux prélèvements effectués sur des sujets asymptomatiques.

Environ 12.000 DA pour un test PCR

S’agissant du coût du test PCR, Pr Khiati avance un chiffre approximatif de 12.000 DA.  Selon lui, « libéraliser l’importation des réactifs PCR participerait à diminuer le prix à des niveaux plus acceptables ».

Le président du SNPSP avance un chiffre qui n’est pas loin de celui donné par Pr Khiati, soit entre 10.000 et 12.000 DA (entre 40 et 50 euros en Europe). Dr Merabet met en avant la cherté du test PCR qui coûte à un smicard presque la moitié de son revenu

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