
Hussein Fahmy, célèbre acteur égyptien, a suscité une vive polémique après des propos controversés sur le cinéma algérien.
Fahmy a remis en cause la probité de la plus grande réalisation du cinéma algérien, la Palme d’or obtenue au festival de Cannes en 1975 par le film de Mohamed Lakhdar Hamina, “Chronique des années de braise”.
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Les réactions d’indignation ne se sont pas fait attendre dans les milieux intellectuels algériens. L’acteur a fini par sortir du silence pour s’expliquer.
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Lors d’un programme télévisé dans son pays, l’acteur égyptien, voulant illustrer l’interférence de la politique dans les distinctions cinématographiques, a choisi un très mauvais exemple.
Selon lui, la Palme d’or du festival de Cannes a été attribuée au film algérien parce que le président français Jacques Chirac (sic) se trouvait au même moment en Algérie.
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L’affirmation manque à l’évidence de sérieux et de rigueur. Elle cache une volonté de minimiser les succès du cinéma algérien, sachant que l’unique Palme d’or de l’Algérie a été obtenue en 1975 et Jacques Chirac n’est devenu président de la France que vingt ans plus tard, en 1995.
“Tous les films de Mohamed Lakhdar-Hamina, paix à son âme, ont été sélectionnés au Festival de Cannes (…) Et voilà qu’un acteur égyptien efface d’un revers de main tout ce parcours, tout ce talent, avec un mépris sidérant”, s’est indigné sur les réseaux sociaux le réalisateur algérien Bachir Derrais, soulignant que Fahmy est allé jusqu’à confondre Jacques Chirac avec Valéry Giscard d’Estaing, “une confusion historique et politique qui en dit long sur la légèreté du propos”.
L’acteur égyptien Houssein Fahmi dérape sur un film algérien
Derrais a rapporté au passage une confidence qu’il tient de Hamina lui-même : “Le cinéma égyptien n’a jamais digéré que l’Algérie ait décroché la Palme d’Or et pas l’Égypte.” “Tout est là”, conclut le réalisateur du film biographique sur Larbi Ben M’hidi.
“Qu’est-ce que c’est que ça ? Est-ce raisonnable ? Quelle naïveté, monsieur Houssein Fahmi !”, s’est étonné pour sa part l’écrivain algérien Wassiny Laredj.
“Au début, j’ai cru que c’était de l’intelligence artificielle. C’est une grande insulte à l’un des plus grands cinéastes arabes qui a fait honneur au cinéma arabe et africain, le regretté Mohamed Lakhdar Hamina”, a fustigé le romancier.
Hussein Fahmy tente d’éteindre le feu de la polémique
Face à l’ampleur de la polémique, Hussein Fahmy a fini par s’expliquer. Dans un communiqué, l’acteur a réaffirmé son “respect total” pour l’Algérie et sa reconnaissance “au public et aux professionnels du cinéma dans ce pays qui compte un million et demi de martyrs, l’Algérie sœur”.
“Je tiens à rétablir la vérité par rapport à ce qui a été dit dans ma dernière interview concernant la Palme d’or et les festivals de cinéma, afin d’éviter toute interprétation qui s’éloigne de mon intention initiale”, a-t-il écrit.
Fahmy a indiqué que son rappel de certains exemples était spontané, et il y a eu de ce fait “un enchevêtrement involontaire” dans sa mémoire entre “certains événements, noms et postes politiques”. “Je rejette totalement toute interprétation qui minimise l’importance de toute œuvre artistique arabe pionnière”, a-t-il assuré.