
Un pan méconnu de l’histoire coloniale espagnole en Algérie vient d’être mis en lumière à Oran.
L’architecte et chercheuse algérienne, Raja Farhat a dévoilé l’existence du fort San Fernando, une bâtisse défensive construite au 18ᵉ siècle et restée cachée au fil des siècles dans un quartier populaire d’Oran, la deuxième plus grande ville d’Algérie.
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La découverte a été dévoilée le 23 juillet 2025 dans la revue italienne « Science de la conservation du patrimoine culturel ».
Découverte fortuite d’une forteresse espagnole cachée à Oran
C’est sur la rive droite de l’oued Ras El Aïn, rue Ghenna El Houari (anciennement Bayard), que le fort San Fernando a refait surface. Il faisait autrefois partie du système défensif espagnol qui encerclait la ville.
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L’emplacement de la forteresse a pu être confirmé à la suite de recherches de terrain menées par Raja Farhat pour sa thèse de doctorat en architecture.
« J’ai rencontré par hasard une famille qui habite à l’intérieur même du fort, dans une maison construite par une famille d’origine espagnole à l’époque coloniale, sans changer l’aspect général de l’édifice », explique la chercheuse dans les colonnes du quotidien El Khabar.
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Il est vrai que le site, localisé dans le quartier populaire Haï Mahieddine (ex-Eckmühl) conserve une structure intacte, malgré les extensions anarchiques apportées après l’indépendance. Aujourd’hui, il est dissimulé au milieu d’un bidonville, quasi invisible à l’œil nu.
La construction du fort San Fernando remonte au 18ᵉ siècle, période à laquelle il constituait l’un des derniers maillons du dispositif défensif espagnol autour de la ville d’Oran.
Un avenir touristique pour ce fort historique ?
Grâce aux tunnels souterrains qui le relient au fort San Felipe et aux autres bastions, le Bordj San Fernando avait pour but de protéger la précieuse source d’eau potable de Ras El Aïn.
Des travaux de renforcement ont été apportés vers 1734 par les architectes Juan Placier et José Vallejo, le rendant ainsi plus adapté aux tirs d’artillerie.
Avec la découverte de ce fort emblématique oublié, l’architecte Raja Farhat entend « corriger l’emplacement de cet édifice espagnol à Ras El Aïn, considéré comme le dernier maillon du système défensif espagnol ».
Dans sa publication scientifique, elle recommande la restauration du site et son intégration dans un circuit touristique patrimonial qui valorise l’héritage défensif d’Oran.
Le fort de San Fernando demeure méconnu, certes, enfoui entre des constructions anarchiques. Mais sa découverte ouvre la voie à une réhabilitation de l’histoire urbaine d’une ville aussi historique qu’Oran.