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VIDÉO. À Gaza, une nouvelle Intifada avec des cerfs-volants

VIDÉO. À Gaza, une nouvelle Intifada avec des cerfs-volants

Les manifestants palestiniens utilisent depuis plusieurs semaines à Gaza des cerfs-volants chargés de bouteilles comestibles pour incendier les terres agricoles israéliennes. Depuis plus d’un mois, des centaines de cerfs-volants se sont écrasés autour de Nahal Oz et de la bande de Gaza, incendiant des centaines d’hectares de champs, de broussailles et d’espaces naturels.

Après les pierres, le cerf-volant et sa déclinaison incendiaire sont devenus le symbole de la mobilisation palestinienne depuis le 30 mars dans l’enclave dirigée par le mouvement Hamas, ennemi d’Israël. Pour ceux qui les font décoller dans Gaza sous blocus, c’est un moyen de fortune pour faire mal aux Israéliens de l’autre côté de la barrière lourdement gardée par l’armée, tout en se tenant à distance des tirs qui ont fait plus de cent morts depuis le 30 mars.

C’est aussi un moyen de préserver le caractère proclamé pacifique de la mobilisation -et contesté par Israël- pour mettre Gaza à l’abri d’une lourde réplique militaire.

Au camp de réfugiés palestiniens d’Al-Bureij, une dizaine de jeunes hommes préparent des cerfs-volants incendiaires, assis sur un large banc de sable. « Si tu attaches une corde assez grande, tu peux aller jusqu’à 20, 30 kilomètres », estime l’un d’eux qui se fait appeler Abou Moussa, 25 ans. « Dès que (le cerf-volant) est assez loin, on la coupe ». Un autre âgé de 28 ans explique : « On a l’intention de mettre le feu à leurs fermes […] comme ça on les fait souffrir ».

De l’autre côté de la barrière, les Israéliens relèvent l’impressionnant rapport investissement/impact. « Cinq shekels (un peu plus d’un euro) pour le matériel, cinq minutes à fabriquer, et regardez le résultat », dit Avner Yona, dont les champs calcinés ont été ciblés par des cerfs-volants incendiaires.

Le gouvernement israélien a estimé les dégâts à 5 millions de shekels (1,2 million d’euros) au total et promis d’indemniser les agriculteurs. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a demandé d’examiner les moyens de faire payer les dégâts par l’Autorité palestinienne. Le ministre de la Sécurité intérieure, Guilad Erdan, a appelé à des « opérations de liquidation ciblées contre ceux qui manipulent les cerfs-volants de la terreur ».

L’armée israélienne lance des drones à la rencontre de ces torches volantes pour les endommager ou les abattre. Selon le ministre de la Défense Avigdor Lieberman, 400 cerfs-volants ont été interceptés sur les quelque 600 lancés.

Chaque jour, des dizaines d’incendies dévorent des zones protégées « causant d’énormes dégâts chez les animaux : les oiseaux dans leur nid, les tortues, les reptiles… », explique un responsable de l’ONG KKL-JNF, qui s’occupe des espaces naturels. « Il y a deux mois, je trouvais les cerfs-volants amusants. Aujourd’hui, c’est totalement différent ».

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