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Attribution de 25 fermes agricoles : « L’opération a été effectuée dans la plus grande transparence »

Mustapha Belhanini est le PDG du Groupe de valorisation des produits agricoles (GVAPRO). Dans cet entretien, il revient sur la décision du gouvernement d'Abdelmadjid Tebboune de geler l’attribution d’autorisation de…

Attribution de 25 fermes agricoles : « L’opération a été effectuée dans la plus grande transparence »
Saadia Gacem
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Mustapha Belhanini est le PDG du Groupe de valorisation des produits agricoles (GVAPRO). Dans cet entretien, il revient sur la décision du gouvernement d’Abdelmadjid Tebboune de geler l’attribution d’autorisation de 25 fermes agricoles à plusieurs opérateurs, dans le cadre du partenariat public-privé. Ces attributions ont été décidées par le Conseil des participations de l’État le 3 mai dernier. Abdelmalek Sellal était encore premier ministre.

 

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Le gouvernement a décidé de geler la résolution du Conseil de participations de l’État N° 01/135 du 3 mai 2017 autorisant le partenariat public-privé pour 25 fermes agricoles. Pourquoi ?

Jusqu’à maintenant, le ministère de l’Agriculture nous a seulement demandé de surseoir à la mise en œuvre de cette résolution. Il est normal qu’un nouveau gouvernement avec un nouveau ministre de l’Agriculture cherche à savoir de quoi il s’agit. Cela dit, ce genre de partenariat public-privé (34%-66%) visant à relancer le secteur de l’agriculture via le transfert des progrès techniques aux agriculteurs, a déjà été engagé en juillet 2013 avec 17 fermes pilotes. Cette opération est venue après l’entrée en vigueur de la Loi de finances complémentaire de 2009 notamment qui a été complétée par la Loi de finances 2010. Je précise aussi que nous ne sommes pas dans la distribution des terres. Avant qu’elles ne soient mises en partenariat, ces 25 fermes pilotes accusaient un déficit chronique vu l’absence d’investissement et un endettement fiscal et parafiscal qui dépasse les 40 milliards de dinars.

Pourquoi chercher à savoir ou à vérifier cette opération ? A-t-on respecté la procédure ?

Il se pourrait que certains aient l’habitude d’obtenir des projets sans respecter la procédure. Au niveau de notre groupe, je peux vous assurer que l’opération a été effectuée dans la plus grande transparence depuis la validation des fermes agricoles à engager dans le cadre du partenariat, jusqu’à l’accord du Premier ministère pour engager le processus, l’appel à manifestation d’intérêt à travers les sites web du ministère et du groupe GVAPRO, via la presse écrite… etc. Une commission élargie au ministère de l’Agriculture a arrêté une short-list de 157 investisseurs avant d’en retenir 25 pour engager le partenariat public-privé.

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Qui sont les bénéficiaires de ces partenariats ?

Ces opérateurs sont dans leur grande majorité des professionnels de la terre. On peut citer le président de la fédération de la pomme de terre, le groupe Lachab, des grands producteurs de la pomme de terre comme Belaini au niveau de Khemis Meliana, Safruit qui est spécialisée dans l’arboriculture. Ce sont tous des personnes qui méritent, de par leur professionnalisme, de bénéficier de ces projets de partenariat.

Est-ce que des industriels et des hommes d’affaires à l’image de Ali Haddad font partie des bénéficiaires ?

Non, il n’y a eu aucune demande de partenariat déposée par le groupe de M. Haddad ou un autre membre du FCE. Sur la liste, nous avons peut-être une seule personne qui n’est pas issue du domaine et qui voulait investir dans l’agriculture. À travers son business plan, on comprend que c’est un investisseur qui veut travailler dans ce domaine en sollicitant des experts. C’est un peu cela le but recherché. Je vous rappelle que ce ne sont pas les fermes, qui représentent 1,1% de la surface agricole nationale, qui vont relancer l’économie du pays.

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Pouvez-vous nous citer tous les noms des bénéficiaires ?

Nous sommes en train de préparer des fiches techniques pour chaque partenaire.

Où se trouvent exactement ces fermes agricoles ?

La plupart de ces fermes agricoles, qui sont gérées par la GVAPRO, se trouvent au nord du pays. De par leur position géographique, elles activent dans différentes filières dont celle de la pomme de terre, des céréales, de l’arboriculture, des légumes secs et de l’élevage bovins laitiers. Les 25 fermes concernées par la dernière résolution du conseil de participation de l’État se trouvent notamment à Blida, Aïn Defla, Khemis El khechna, Guelma, Skikda et Taref.

Sur quelle base les 25 investisseurs ont été retenus ?

D’abord, ces investisseurs ont été retenus par la commission composée notamment d’un directeur général du ministère de l’Agriculture, du directeur général du bureau national d’études et de développement rural et du groupe GVAPRO. Ensuite, ces opérateurs ont été retenus sur la base d’un cahier des charges. Examiné par les différentes directions centrales du ministère de tutelle et approuvé par le conseil d’administration du groupe, ce cahier des charges prend en compte tous les aspects financiers et techniques.

Quelles sont les conditions fixées dans ce cahier des charges ?

Dans ce cahier des charges, il y a des critères d’évaluation. Il s’agit du volume des investissements, du mode de financement, des références professionnelles, des délais de réalisation, du maintien et de la création d’emplois, de l’appréciation de la commission sur la personne par rapport à des activités ou des travaux déjà effectués et qui ont donné de bons résultats. Nous avons fait un classement et donner une note sur le plan technique et financier. En dehors de ces aspects, nous avons exigé un dossier dont font partie le casier judiciaire et une caution de soumission.

Est-ce que le savoir-faire dans ce domaine n’est pas le critère le plus important ?

Bien sûr ! Ce sont les références professionnelles dont je vous ai parlé. Quand on aime la terre, on peut avoir le savoir-faire indirectement en étant accompagné par des experts même si on n’est pas issu du domaine. Prenez l’exemple du groupe Lachab qui était dans l’importation des fruits. Il s’est fait accompagner par des experts. Aujourd’hui, il fait des merveilles.

Quel est le montant global des investissements proposés par les 25 opérateurs pour les fermes agricoles ?

Pour cette dernière opération qui concerne 25 fermes de 8 200 hectares, le montant est de 42 milliards de dinars. Jamais durant ma carrière, je n’ai pris connaissance d’un investissement aussi important dans ce domaine. D’ailleurs, pour l’opération précédente qui concernait 17 fermes d’une superficie de 8 200 hectares aussi, le montant était de 7,5 milliards de dinars.

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