Le premier ministre Abdelmadjid Tebboune a réuni, le 24 juillet dernier, un conseil interministériel auquel ont été convoqués le Gouverneur de la Banque d’Algérie et le DG des Douanes pour régler un problème d’exportation de produits alimentaires prétendument « subventionnés ». Cette affaire représente un montant dérisoire de 5 millions de dollars.
Depuis son installation, le gouvernement a apparemment « oublié » de s’intéresser aux 7 milliards de dollars décaissés par le Trésor pour éponger les déficits des entreprises publiques pour les seules années 2015 et 2016.
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Une offensive en règle contre le secteur privé
Depuis plus de deux mois, l’équipe de M. Tebboune, dans ce qui s’apparente à une offensive en règle contre le secteur privé, a successivement cloué au pilori les importateurs, les investisseurs de la filière automobile, les entreprises de travaux publics, l’industrie du montage électronique et de l’électroménager et les exportateurs de produits alimentaires « subventionnés ».
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On notera au passage que cette mise en accusation publique s’est effectuée sans aucun préavis et sans aucune concertation préalable avec les opérateurs concernés en prenant la forme de communiqués et de rapports directement adressés aux médias.
La nouvelle démarche du gouvernement à l’égard du secteur privé ne concerne pas seulement les entreprises algériennes. Elle s’étend également aux entreprises étrangères qui ont décidé d’investir en Algérie. Le Premier ministre lui-même ainsi que son ministre de l’Industrie n’ont en outre pas jugé utile de se déplacer à Relizane pour l’inauguration, fin juillet en présence d’un haut responsable de Volkswagen et de 40 de ses collaborateurs de groupes SEAT et Skoda, de la seule usine du premier groupe mondial de l’automobile en Afrique du Nord .
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Le retour de la préférence pour le secteur public
Le ministre de l’Industrie, Mahdjoub Bedda, qui est très en pointe dans la démarche et les méthodes utilisées par l’Exécutif depuis deux mois, manifeste en revanche une très grande sollicitude à l’égard de ce que la communication officielle qualifie toujours de « fleurons du secteur public » .
C’est ainsi qu’au cours du mois de juillet, il a réuni successivement à Alger les responsables de Sider, Imetal et de la SNVI. Ces réunions de concertation auxquelles a été convié le partenaire social ont duré à chaque fois une journée entière. Officiellement, elles ont permis de « faire un état des lieux de la situation qui prévaut dans ces entreprises et de discuter des perspectives et des opportunités existantes pour leur développement ». On est très loin du ton et des méthodes musclées adoptés à l’égard du secteur privé.
Avec les dirigeants de Sider, M. Bedda a appelé les « différentes parties » ( comprendre : direction et syndicat) à travailler en étroite collaboration afin de « permettre au complexe de retrouver ses niveaux de production et son image du fleuron de l’industrie algérienne ». Concernant le volet financier, le ministre a demandé que la deuxième phase du plan de développement soit revue et actualisée en prenant en compte les évolutions récentes.
Avec les dirigeants de la SNVI, M. Bedda, tout en « réitérant l’appui de son département à accompagner l’entreprise dans la réalisation de ses objectifs », a appelé la société à « étendre son portefeuille d’activités à la sous-traitance et la fabrication de pièces de rechange afin d’accompagner la politique nationale de développement de l’industrie mécanique et automobile ».
Le ministre a également évoqué les modalités de financement des projets, jugées « inadéquates par rapport aux procédures de leur réalisation » par les dirigeants de l’entreprise. Ces derniers ont proposé que la convention qui lie la SNVI aux banques partenaires « soit modifiée afin de l’adapter aux besoins de la société dans le cadre de son plan de développement ».
De nouveaux « plans de restructuration » de près d’un milliard de dollars
Rappelons que ces deux groupes publics on bénéficié récemment de la mise en place de plans de restructuration, en cours d’application, qui prévoient, pour chacun d’entre eux, des investissements de près d’1 milliard de dollars.
Il semble clair que pour M. Tebboune et son nouveau ministre de l’Industrie, l’avenir appartient aux entreprises du secteur public et que les financements bancaires ne devraient par leur manquer au cours des prochains mois.
Il y a fort à parier, malheureusement, que ces nouveaux crédits ne seront jamais remboursés aux banques publiques et devront de nouveau être épongés dans quelques années par le Trésor suivant un mécanisme devenu désormais classique.