
La décision était dans l’air depuis que la présidence de la République a rendu publique, lundi 10 novembre, une demande du président allemand à son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune de gracier Boualem Sansal pour des considérations humanitaires.
L’écrivain franco-algérien est officiellement gracié par le président de la République Abdelmadjid Tebboune ce mercredi 12 novembre. Incarcéré depuis près d’une année, Sansal sera transféré en Allemagne pour être soigné.
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« Le 10 novembre 2025, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a reçu une demande de M. Frank-Walter Steinmeier, président de la République fédérale d’Allemagne, pays ami, visant à accorder une grâce à Boualem Sansal », rappelle d’abord la présidence dans un communiqué diffusé ce mercredi peu avant 14 heures.
« Le président de la République a répondu favorablement à cette demande, qui a retenu son attention par son caractère humanitaire. Conformément à l’article 91, paragraphe 8, de la Constitution, et après les consultations d’usage, le président de la République a décidé de répondre favorablement à la demande de Son Excellence le président de la République fédérale d’Allemagne, nation amie », poursuit le communiqué, qui précise que « l’État allemand se chargera du transfert et des soins de la personne concernée ».
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Grâce de Boualem Sansal « acceptée »: Sébastien Lecornu exprime son « soulagement » et souligne une libération « fruit d’une méthode faite de respect et de calme »#BFM2 pic.twitter.com/F1rA5KX8VH
— BFMTV (@BFMTV) November 12, 2025
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Boualem Sansal gracié sur décision du président Tebboune
Le long feuilleton Boualem Sansal prend donc fin officiellement ce mercredi 12 novembre, presque une année jour pour jour après avoir débuté. L’écrivain a été arrêté le 16 novembre 2024 à l’aéroport d’Alger, à son retour de France où il avait tenu quelques semaines plus tôt des propos attentatoires à l’intégrité du territoire national.
Proche des milieux d’extrême-droite en France, Sansal, ancien haut fonctionnaire de l’État algérien et nouvellement naturalisé Français, avait soutenu dans Frontières, un média de la même mouvance, que l’Ouest algérien appartient historiquement au Maroc.
Jugé en mars dernier en première instance devant le tribunal de Dar El Beïda (Alger) pour « atteinte à la sûreté de l’État, à l’intégrité du territoire et à la stabilité des institutions », Boualem Sansal a été condamné à 5 ans de prison ferme. La peine a été confirmée le 1ᵉʳ juillet par la Cour d’appel d’Alger.
L’affaire Sansal est venue se greffer à la crise entre l’Algérie et la France qui a débuté en juillet 2024. Sa remise en liberté survient alors que les observateurs entrevoient les signes d’un début de dégel entre Alger et Paris.