La légendaire et magnifique route des gorges de Kherrata à 60 km à l’Est de Béjaïa est de nouveau fonctionnelle. Elle a été rouverte à la circulation il y a quelques jours.
Sur sept kilomètres, elle relie la localité de Bordj Mira à Kherrata sur la RN9. Elle constitue désormais une bonne alternative au dangereux tunnel de Kherrata qui relie aussi cette ville historique à Bordj Mira.
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Taillée dans le flanc des montagnes, cette route qui offre un paysage magnifique semble littéralement suspendue dans le vide.
Une route qui date du 19e siècle
Construite dans le 19e siècle entre 1863 et 1870, la route des Gorges de Kherrata se distinguait par ses tunnels et ses ponts en pierre qui enjambent l’oued Agrioun.
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Cette rivière où l’eau coule toute l’année a tracé son chemin dans la pierre entre les montagnes de la chaîne des Babors qui s’étend sur un territoire immense entre Béjaïa, Sétif et Jijel.
Devenue dangereuse en raison des chutes de pierres et inadaptée à la hausse du trafic routier, elle a été fermée à la circulation et un projet de modernisation a été lancé en 2013 pour un total de 5,2 milliards de dinars.
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Il a été confié aux groupes ETRHB Haddad (Algérie) et Ozgun Insaat Taahhut Sanayi Ve ticaret (Turquie). Il devait être achevé dans un délai de 28 mois, mais les travaux n’ont démarré qu’en 2015.
Le projet qui a connu du retard s’est arrêté après la chute d’Ali Haddad et le démantèlement de son groupe ETRHB dans le sillage des enquêtes sur la grande corruption, ont retardé le projet en 2019. Repris quelques années après, il a été enfin livré ce mois de novembre au grand bonheur des automobilistes qui empruntent la RN 9, un axe routier saturé.
Témoin des massacres du 8 mai 1945
La route des gorges de Kherrata est magnifique, mais elle est surtout témoin d’un épisode sanglant de la lutte du peuple algérien contre le colonialisme français.
Lors des massacres du 8 mai 1945, dont Kherrata a été le théâtre avec Guelma et Sétif, de nombreux Algériens ont été jetés du haut du pont Hanouz dans le ravin. Ce pont qui enjambe l’oued Agrioun est un lieu de recueillement à la mémoire des victimes de ce massacre.
En l’empruntant, on peut constater aussi la trace laissée par la Légion étrangère qui a gravé son nom en grande lettre sur le flanc d’une montagne en face de la route.
Pour ceux qui ne l’ont jamais emprunté, la wilaya de Béjaïa a diffusé des images époustouflantes de cette route mythique et historique vue du ciel.