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Dalila Mekadder : une voix andalouse qui fait rayonner l’Algérie à l’international

Artiste et interprète, Dalila Mekadder est une voix andalouse qui fait rayonner l’Algérie à l’étranger. Elle raconte son parcours à TSA.

Dalila Mekadder : une voix andalouse qui fait rayonner l’Algérie à l’international
Dalila Mekadder donnera demain soir un concert au Centre Culturel Algérien de Paris / Source : DR pour TSA
Kenza Adil
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Artiste et interprète de musique andalouse et de hawzi, Dalila Mekadder vit actuellement aux États-Unis (Houston. Texas). Loin d’avoir coupé le cordon ombilical avec son pays natal, la chanteuse et pianiste se produit régulièrement en Algérie.

Véritable ambassadrice de la culture et de la musique algériennes, elle anime également des concerts à travers le monde. Au cours de ses voyages, elle s’est frottée à d’autres cultures qui sont venues enrichir son répertoire.

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Dalila Mekadder donnera demain soir un concert au Centre Culturel Algérien de Paris. Entre deux répétitions, elle a accepté de parler à TSA de son long parcours qui a commencé au Conservatoire d’Alger en 1974.

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De grands maîtres comme mentors

Alger la Blanche l’a vu naître le 6 mars 1965. À 9 ans, ses parents (père tlemcénien et mère algéroise) l’inscrivent au Conservatoire d’Alger. « J’ai commencé par apprendre le solfège. J’ai ensuite opté pour l’apprentissage de la musique classique algérienne-andalouse », confie-t-elle.

Dalila Mekadder a la chance d’avoir la crème des maîtres de ce genre musical : « Je mesure le privilège d’avoir appris à jouer du piano et à chanter sous la férule de grands maîtres de la trempe de Mustapha Skandrani, Anis M’hamsadji, Mamade Benchaouche, Mustapha Boutriche, Abderezzak Ferkhadji et Rezki Harbit ».

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En 1980, elle interprète la Nouba Ghrib, à l’auditorium de la radio nationale, accompagnée par Mustapha Skandrani au piano.

En 1984, la jeune artiste décroche le premier Prix ‘chant et instrument’ au conservatoire d’Alger. « Une consécration qui m’a encouragée à aller de l’avant », commente-t-elle.

D’Alger à la Nouvelle-Orléans (Louisiane)

En 1987, l’interprète de musique andalouse convole en justes noces et suit son époux, professeur en informatique, aux États-Unis.

Pendant 19 ans, le couple vit à la Nouvelle-Orléans, une ville de Louisiane située sur les rives du Mississippi.

« Me couper de ma famille et m’adapter à un autre environnement n’ont pas été faciles. Après 19 ans en Louisiane, j’ai vécu durant 15 ans aux Émirats arabes unis. Depuis 5 ans, je suis établie à Houston (Texas). Je n’ai jamais coupé le lien avec mon pays où je me rends une fois par an. Je sers la musique andalouse sous d’autres cieux en donnant des concerts dans des festivals internationaux, l’occasion pour moi de faire découvrir aux étrangers le patrimoine algérien : musique andalouse, costumes traditionnels, plats et gâteaux de chez nous », confie-t-elle.

Dans les années 1990, Dalila Mekeddar participe au Festival international de la Louisiana State University, à Bâton-Rouge, capitale de la Louisiane.

« J’y ai rencontré Assia Djebar qui m’a donné un rôle de chant dans sa pièce théâtrale : ’Femmes d’Alger dans leurs appartements’. Une expérience inoubliable », se souvient-elle.

Albums

Dalila Mekadder a produit quatre albums au cours de sa carrière. Le deuxième, dans le style hawzi (2010), était un hommage à Fadela Dziria et à ses origines tlemcéniennes. En 2022, elle a signé deux reprises : ‘Ya bnet el Djazair’ et ‘Ajbatni benya’.

La chanteuse prend parfois des chemins de traverse : « J’aime diversifier mon répertoire et explorer d’autres styles musicaux. Pendant les 15 années où j’ai vécu aux Émirats, j’ai travaillé avec des artistes de multiples horizons : portugais, libanais, syriens… Cela m’a permis de découvrir d’autres influences qui ont enrichi mon répertoire et m’ont permis de me sentir plus à l’aise sur scène ».

La chanteuse aime explorer toutes les facettes du métier d’artiste. « En 2010, j’ai chanté de l’opéra à Dubaï », se souvient-elle.

Projets

L’artiste a deux projets en perspective pour 2026. « Un concert à Alger avec la chanteuse Nardjess et un concert au festival de la musique hawzi à Tlemcen »

Dalila Mekadder tient à lancer un appel en direction du ministère de la Culture. « Même si je vis aux États-Unis, j’ai besoin d’encouragements de mon pays. Je souhaite être invitée à participer à des festivals en Algérie et à l’étranger comme le Festival du Monde arabe qui s’est tenu récemment à Montréal. Il faut donner la chance à tous les artistes, et non juste à une poignée d’entre eux », dit-elle.

À 60 ans, Dalila Mekadder continue à sauvegarder l’héritage de la musique classique algérienne en touchant divers publics sous d’autres cieux.

Elle sera en concert ce soir à l’Institut Culturel d’Algérie à Paris.

Lien permanent : https://tsadz.co/18uck

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