
Quinze ans après le projet mort-né de Desertec, l’Europe revient à la charge pour l’énorme potentiel solaire de la rive sud de la Méditerranée, notamment celui du Sahara algérien.
Avec, cette fois, une initiative ayant “un portage politique affirmé et une logique de co-bénéfices mutuels”.
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Mobiliser 25 milliards d’euros d’ici à 2035
La Commission européenne (CE) a lancé ce mardi 9 juin une initiative visant à mobiliser, d’ici à 2035, jusqu’à 25 milliards d’euros d’investissements dans les énergies renouvelables en Méditerranée. Cette somme semble colossale, mais le projet a besoin de financements bien plus élevés : entre 75 et 120 milliards d’euros.
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À l’occasion de la semaine européenne de l’énergie durable, la CE a dévoilé T-MED, la coopération transméditerranéenne pour les énergies renouvelables et les technologies propres, dans le cadre du Pacte pour la Méditerranée lancé à Barcelone en novembre 2025.
La commissaire à la Méditerranée, Dubravka Suica, a indiqué que l’initiative ambitionne de transformer la rive sud de la Méditerranée en “hub mondial des énergies propres, avec l’objectif de mobiliser jusqu’à 25 milliards d’euros d’investissements et la création de plus de 100 000 emplois.
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Un calendrier a été mis en place et dévoilé. Il est prévu de lancer un appel à candidatures pour les investisseurs privés jusqu’au 15 juin, puis un autre pour les porteurs de projets jusqu’au 15 août, et tenir la première réunion de la plateforme d’investissement en octobre 2026.
“Une seule portion du seul territoire algérien…”
Le premier objectif est d’arriver à au moins dix partenariats industriels euro-méditerranéens d’ici à 2030. Ce n’est pas une initiative d’interconnexion, mais bien “une initiative de développement énergétique régional”, explique-t-on à Bruxelles.
Les pays de la rive sud regorgent de potentialités avec un ensoleillement exceptionnel, des vents puissants et des coûts de production très bas.
La région Moyen-Orient -Afrique du Nord a plus de 2.300 GW de capacité technique, soit plus du double de la capacité installée de l’UE, avec des coûts de production de 30 à 40 % inférieurs à ceux pratiqués en Europe, précise le journal français spécialisé Les Échos.
« Avec une portion du seul territoire algérien, vous pouvez couvrir tous les besoins énergétiques de l’Europe », a assuré un haut fonctionnaire européen, cité par le même média.
Malgré cet énorme potentiel, les énergies renouvelables ne représentent que 1 à 3 % du mix énergétique de plusieurs pays de la région. Par ailleurs, en 2024, l’Afrique n’a capté que 2 % des investissements mondiaux dans les énergies renouvelables. T-MED est destiné justement à combler ce ”gouffre”, écrit Les Échos.
Avec Desertec, les partenaires “ne voyaient pas clairement ce qu’ils y gagnaient”
La CE va déployer dès septembre prochain une plateforme d’investissement opérationnelle adossée à 5 milliards d’euros de garanties européennes grâce auxquelles l’UE “peut débloquer jusqu’à 25 milliards d’investissements supplémentaires dans l’énergie et les technologies propres d’ici à 2035”, a expliqué de son côté le commissaire européen à l’Énergie Dan Jorgensen.
La CE ne compte pas faire les choses à moitié. Elle prévoit de mettre en place un “accélérateur réglementaire” pour réduire les délais d’obtention des autorisations, un programme de formation de 100.000 travailleurs, la modernisation et la transformation des infrastructures et le développement d’un écosystème de technologies propres.
Selon Les Échos, Bruxelles assure avoir tiré les leçons de l’échec de l’initiative Desertec jugée “trop privée” et dans laquelle les pays partenaires “ne voyaient pas clairement ce qu’ils y gagnaient”.